France

analyse de la campagne entre les deux tours par Ifop

Exceptionnel. Le politologue de l’Ifop Jean-Philippe Dubrul analyse la première semaine de campagne entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen pour Paris Match. Ce vendredi, le président sortant conserve toujours sept points d’avance sur son rival au Rassemblement national.

Marin Le Pen dans la course : le bruit des votes du Rassemblement national

A l’issue d’un premier tour, où l’utile mécanisme de vote dans les dernières heures de vote anime le trio Jean-Luc Mélenchon, Marin Le Pen et Emmanuel Macron, le duel au second tour s’annonce aussi serré que celui de la semaine dernière. mesures, sans effet “étourdissant” au vu des résultats du premier tour. Au second tour, Emmanuel Macron l’emportera avec 53,5% des suffrages, contre 46,5% en faveur de Marin Le Pen, un duel beaucoup plus disputé qu’en 2017 – et dont les niveaux rappellent l’affrontement royal de Sarkozy en 2007. (53% contre 47%), ce qui est une autre preuve de la “normalisation” de la candidature de Le Pen. En 2017, au même moment entre les deux tours et surtout avant le traditionnel débat télévisé, le président du Front national était crédité de 40 % des intentions de vote, contre 60 % pour le chef d’En marche. Sauf incident ou mobilisation extrême de ses adversaires, Marin Le Pen semble capable de réaliser le meilleur score d’extrême droite de l’histoire récente, renforcé par le réservoir de voix inédit représenté par l’électorat d’Eric Zemmour (81% des suffrages) .qui s’appliquerait au candidat du Rassemblement national).

Interdiction du voile : Emmanuel Macron et Marine Le Pen cultivent leurs différences

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Emmanuel Macron en tête malgré un vote moins qu’heureux

Bien qu’il soit en tête du scrutin au second tour, Emmanuel Macron reste mal à l’aise pour deux raisons principales. La première tient à la “forme” exceptionnelle de son adversaire : reconnue comme la plus haute électrice d’extrême droite de la Ve République, Marine Le Pen semble surtout plus fiable que le président sortant dans la lutte contre le terrorisme (43 % , 5 points) devant Emmanuel Macron), contre l’incertitude (53%, 25 points d’écart) et en termes d’augmentation des salaires et du pouvoir d’achat (42%, 8 points de plus). En battant en brèche le cliché du vote contestataire, les électeurs ont ainsi confirmé pour 56% d’entre eux qu’ils voteraient pour Marin Le Pen avant tout pour l’amener à l’Elise, pas pour “bloquer” le président sortant. Parmi les électeurs déclarés d’Emmanuel Macron, ce vote d’adhésion se dessine symboliquement ci-dessous, avec 54 %.

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Mélenchon et abstinence, rois ?

Les candidats au second tour l’ont bien compris : bien qu’ils semblent favorables à Emmanuel Macron à ce jour, les rapports de force observés aujourd’hui restent fragiles et l’élection peut se jouer avant tout sur le comportement des électeurs de Jean-Luc Mélenchon éliminés après avoir obtenu le meilleur résultat de toutes ses candidatures à l’élection présidentielle – et celui des abstentions ; c’est la deuxième faiblesse d’Emmanuel Macron dans cet entre-deux tours. Ainsi, on constate que la consigne « de ne pas voter pour Marine Le Pen » donnée par le dirigeant « insoumis » n’est pas pleinement mise en œuvre, puisque 18 % de ses électeurs au premier tour voteraient pour le candidat du Rassemblement national, contre 33 % pour le président sortant et 49 % tentés par une abstention ou un vote vide ou nul (un indicateur qui augmente de trois jours). Des tendances similaires sont observées parmi ceux qui se sont abstenus au premier tour, avec un sur deux (50%) restant hors-jeu et le reste réparti également entre les deux prétendants d’Elise. A une semaine du verdict final des urnes, les autres candidats apparaissent plus spectateurs qu’acteurs de l’issue de leur propre duel.

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