France

Le gouvernement israélien est en difficulté après de nouvelles violences à Jérusalem

La police israélienne est stationnée dans la vieille ville de Jérusalem, dimanche 17 avril 2022. MAHMOUD ILLEAN / AP

Le gouvernement israélien de Naftali Bennett s’affaiblit encore plus. La Liste arabe unie (LAU), un petit parti islamo-conservateur dirigé par Mansour Abbas, a déclaré qu’elle “gelait” son adhésion à la coalition dimanche soir 17 avril. Elle proteste contre la répression policière en cours à Al-Aqsa, le troisième lieu saint de l’Islam, dont personne ne peut prédire la fin.

Le geste de désobéissance de ces quatre parlementaires (sur 120) ne menaçait pas de renverser immédiatement la coalition, au pouvoir depuis juin 2021. Le Parlement a été suspendu jusqu’au 8 mai. Cela donne à LAU le temps de négocier son retour. Pourtant, ce parti arabe, le premier à avoir pris le pouvoir dans l’histoire d’Israël, pose un dilemme sans précédent. Si la fracture persiste, l’opposition disposera d’une majorité de 64 sièges, suffisante pour dissoudre le Parlement et déclencher une cinquième élection en trois ans.

Dimanche soir, des membres du conseil religieux surveillant LAU ont lancé l’avertissement. Ces dignitaires veulent montrer à leurs partisans qu’ils maintiennent leur influence. Ils ont pris la parole alors que la mosquée Al-Aqsa était transformée dans la matinée en véritable forteresse par un groupe de Palestiniens qui entendait défendre les lieux saints contre les extrémistes juifs.

Barricadés à l’intérieur du bâtiment, ils ont tiré pendant plusieurs heures à intervalles réguliers avec des pétards sur la police israélienne, qui les a encerclés. Ces obus produisaient de petits nuages ​​de fumée, des étincelles colorées autour des policiers qui voulaient se calmer. Certains pointaient leurs fusils sur des vitres brisées, attendant qu’un des assiégés leur arrache la tête. Mais ils n’ont pas attaqué.

“Nous n’avons pas eu le temps de prier”

Si la police était stationnée ainsi sur l’esplanade des mosquées, elle aurait dû empêcher les touristes et les pèlerins juifs de passer, visitant ce qui est pour eux le Mont du Temple, après la fermeture du week-end de Pâques. Ces dernières années, ces militants ont violé le statu quo en vigueur, qui permet aux Juifs de visiter les montagnes mais pas d’y prier. Accompagnés et protégés par la police, ils prient tous les jours aux heures normales et étudient longuement près de la Porte Dorée. C’est un défi lancé aux principales autorités religieuses juives, qui interdisent leur culte hautement incendiaire.

Lire aussi Article réservé à nos abonnés Sur l’esplanade des mosquées de Jérusalem, des prières juives potentiellement explosives

Selon la police, les Palestiniens assiégés ont tenté de bloquer, à l’aube, le passage de ces visiteurs vers la porte du Maghreb, sur laquelle apparaît un pont de bois branlant, enserrant le Mur des Lamentations, vestige du deuxième temple. Pour leur permettre de venir, elle a repoussé, parfois de force, les musulmans croyants sur l’Esplanade. Il interdit également temporairement aux habitants de la vieille ville d’entrer dans les lieux saints par deux portes principales. Elle a finalement coupé les haut-parleurs de la mosquée après que les assiégés aient appelé les croyants à les rejoindre.

Il vous reste 46,68% de cet article à lire. Ce qui suit est réservé aux abonnés.