France

La mort mystérieuse de la famille d’un oligarque russe vivant à Bordeaux

Poignardé à mort

Alarmé par un membre de la famille qui s’inquiétait des nouvelles, la police espagnole a trouvé Sergei Protosenya pendu dans le jardin de la villa. À l’intérieur gisaient sa femme, Natalia, et leur fille de 18 ans, poignardées à mort.

L’homme partageait son temps entre l’Espagne, Chypre et la France, où il résidait habituellement. Il a également scolarisé ses enfants au prestigieux lycée privé Grand Lebrun de Bordeaux. “Nous ne pouvons que regretter ce terrible drame. L’important sera d’accompagner les élèves le plus sereinement possible dès la rentrée”, a réagi Jean-Marc Kuznir, directeur de l’établissement, où le fils aîné de la famille avait également terminé sa formation.

A 55 ans, Sergei Protosenya était l’ancien vice-président de la deuxième compagnie gazière russe (derrière Gazprom) Novatek. Il faisait toujours partie du conseil d’administration. Cet ingénieur civil était auparavant directeur financier de la compagnie pétrolière russe Tarkosaleneftega. Sa fortune était estimée à 400 millions d’euros.

Selon les médias locaux, la police n’écarte pas la thèse du drame familial. “Malheureusement, il y a eu des spéculations dans les médias à ce sujet, mais nous sommes convaincus que ces spéculations n’ont rien à voir avec la réalité”, a déclaré son ancien employeur dans un communiqué.

Quelques heures plus tôt à Moscou…

Il faut dire que la mort de Sergei Protosenya reflète un drame survenu quelques heures plus tôt à Moscou, où le corps sans vie de Vladislav Avaev, ancien vice-président de Gazprombank, a été retrouvé. À côté de lui gisaient sa femme et sa fille, jonchées de balles.

Depuis le début de la crise ukrainienne, le milieu des oligarques russes subit un véritable massacre

Selon Newsweek, depuis le début de la crise ukrainienne, le milieu des oligarques russes subit un véritable massacre. Au moins six millionnaires liés au monde des affaires russe sont morts de mort violente par suicide, mais souvent sans preuves officielles à ce jour.

Le 30 janvier, Leonid Shulman, chef du département des transports de Gazprom, se serait tiré une balle dans la salle de bain. Il faut aussi citer Michael Watford, le milliardaire des hydrocarbures qui a été pendu le 28 février au Royaume-Uni. Ou Alexander Tyulyakov, directeur adjoint du Trésor de Gazprom, a ouvert ses portes à Saint-Pétersbourg le 25.