LUDOVIC MARIN via AFPÉlisabeth Borne et le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire souhaitent des mesures d’aides plus ciblées lorsque le bouclier tarifaire prendra fin le 31 décembre 2022.
INFLATION – C’était déjà l’esprit de “l’allocation carburant des travailleurs” présentée en conseil des ministres le 7 juillet, c’est aussi le choix que le gouvernement entend faire et mettre en œuvre dès 2023 pour remplacer le bouclier tarifaire. Exit les mesures de soutien au pouvoir d’achat de tous les Français, le gouvernement veut préparer des mesures plus ciblées, avant tout en faveur des Français les plus précaires ou les plus touchés par la hausse des prix.
“Nous n’exposerons pas les Français les plus humbles à des hausses inconsidérées des prix de l’énergie”, a d’abord expliqué Elizabeth Bourne à la presse réunie pour les rencontres économiques organisées à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) pour justifier la mise en place de cette mesure à fin 2021. “S’il n’y avait pas de bouclier” sur le prix du gaz ou un plafonnement des prix de l’électricité, “l’électricité serait un tiers plus chère et le gaz 45 à 50%” plus cher, a-t-elle encore argué.
“Nous devons aider ceux qui en ont vraiment besoin”
“On ne peut imaginer demander aux Français, à commencer par les humbles Français, de payer 45% de plus pour leur gaz ou un tiers de plus pour leur électricité.” Cependant, compte tenu du coût du bouclier tarifaire pour l’Etat, “il faut passer de mécanismes généraux à des mécanismes plus ciblés”, a-t-elle estimé, expliquant que “des travaux sont en cours”.
Pour rappel, face à la flambée des prix de l’énergie, le gouvernement a contraint les fournisseurs à limiter leurs hausses de prix à 4% pour 2022, l’Etat et EDF devant supporter seuls le coût de cette mesure. Une mesure contestée par les syndicats, les associations de consommateurs et les députés de l’opposition qui y voyaient un “tour de passe-passe” promettant de rattraper les prix dès 2023.
Ce changement de paradigme pour janvier 2023 a été précisé après le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, qui a également assisté à ces rendez-vous économiques. “Nous sommes maintenant au milieu d’un pic d’inflation qui va se poursuivre encore plusieurs mois, il faut donc passer à un soutien plus ciblé” pour les personnes aux revenus modestes qui souffrent le plus de l’inflation.
“Nous devons aider ceux qui en ont vraiment besoin”, a-t-il souligné, ajoutant que “notre politique restera une politique d’approvisionnement”. “Nous ne remplacerons pas une politique de l’offre qui a donné de bons résultats par une politique de la demande qui alimenterait l’inflation”, a poursuivi Bruno Le Maire, qui “a confirmé avec beaucoup de sérieux que nous avons atteint le niveau d’alerte en termes de finances.”
Le gouvernement a déjà annoncé jeudi que les aides destinées aux personnes qui se rendent au travail en voiture prendront le relais en octobre d’une remise générale de 18 centimes sur le prix du litre de carburant, qui diminuera progressivement puis prendra fin définitivement en décembre.
Une taxe sur les « plus-values » de certaines entreprises ?
Interrogée sur l’opportunité d’introduire une taxe sur tous les « surplus de profits » que les énergéticiens tireraient de la flambée des prix de l’énergie, Elizabeth Bourne s’est montrée plus évasive. “Au fond, évidemment, s’il y a des gens qui tirent des profits excessifs de la crise, nous aimerions que cela profite à tout le monde et allège le fardeau que la crise peut générer”, a-t-elle déclaré.
“Ce n’est pas si simple après tout”, a-t-elle immédiatement nuancé. “Beaucoup de nos voisins ont mis en place des mécanismes pour taxer ces profits excédentaires”, mais “nous ne sommes pas dans la même situation” en France, a-t-elle ajouté.
D’une part, “EDF a aujourd’hui des difficultés de production sur son parc nucléaire et nous importons massivement” de l’électricité de l’étranger, a souligné le Premier ministre, excluant ainsi l’existence de “bénéfices excédentaires” pour l’énergéticien. En revanche, “nous avons des compagnies pétrolières qui ont des activités de distribution en France (mais) qui ne génèrent pas de profits excédentaires”, a-t-elle noté.
À voir aussi sur Le HuffPost : Des acclamations aux huées, l’Assemblée nationale hétéroclite face à Elizabeth Bourne
Add Comment