Le siège de la multinationale française de publicité et de relations publiques Havas à Puteaux, le 20 juin 2017. MARTIN BUREAU / AFP
Julien Carrett et Christophe Coffer, respectivement PDG et directeur créatif d’Havas Paris, ont démissionné sur fond d’allégations de harcèlement et d’agressions sexuelles, a confirmé lundi 2 mai l’un des dirigeants du groupe à l’Agence France Presse (AFP).
Havas, filiale de Vivendi, a également entamé un audit après avoir publié une vingtaine de témoignages anonymes depuis le compte Instagram “Balance ton agence”, qui pendant près d’une semaine a exposé l’ambiance sexiste de longue date de l’agence et impliqué les deux responsables.
Aux commandes depuis dix ans de l’agence, dont ils sont aujourd’hui co-présidents, les deux hommes sont accusés d’avoir tenté d'”embrasser” ou de “toucher” des collaborateurs, parfois stagiaires, dans les locaux d’Havas Paris ou lors d’événements extérieurs.
“JC est un homme brillant, mais il a la sexualité d’un adolescent. (…) Sous couvert d’ivresse, après deux verres il saute sur tout ce qui bouge. Idem pour DC [directeur de création] des événements Havas. Je pense à avertir les stagiaires de ne pas les approcher lors des dîners d’agence », selon l’un de ces témoignages.
“Tout le monde le savait”
“Des commentaires sur tous les vêtements, les mains sur les épaules et la taille, les bisous très près de la bouche, je l’évitais et n’avais peur que d’une chose, de me retrouver nez à nez avec lui”, raconte l’un de ses anciens collaborateurs, Christoph Kofr. D’autres se souviennent de lui comme d’un geste simulant un rapport sexuel et des propos déplacés.
Les faits datent, selon les cas, de deux, trois ans et jusqu’à dix ans et ont parfois entraîné des déviations liées à des accords de non-divulgation, a indiqué à l’AFP Ann Boystar, créatrice du compte “Balance your agency to” en 2020. .. condamne les abus dans les agences de communication.
“Tout le monde le savait, et tout le monde le sait”, a-t-elle poursuivi, évoquant “une trentaine” de victimes, même si #metoo les a calmées. Les deux dirigeants continuent de travailler pour l’agence, a indiqué à l’AFP le dirigeant d’Havas. Mais “ils ne tiennent pas de réunions et sont en retrait pour tout ce qui est de la gestion de l’agence”, a-t-il poursuivi, ajoutant : “On parle d’une vingtaine de personnes qui se sont présentées dans une agence par laquelle sont passés près de 4.000 salariés.
Havas Paris est l’une des trois plus grandes agences de communication à Paris, avec environ 600 collaborateurs. Le groupe Havas est dirigé par Yannick Bolloré, fils de Vincent Bolloré, qui contrôle le groupe Vivendi.
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Le monde avec l’AFP
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