France

le déserteur Reda s’est retiré pour LR le matin de son investiture par la majorité

Le matin même de l’investiture du parti majoritaire Ensemble !, le député Robin Reda s’est occupé de LR sur le marché pour sa campagne.

Petit-déjeuner dans l’un, goûter dans l’autre. Robin Reda a joué jusqu’au bout le candidat LR aux élections législatives de juin. Alors que son investissement de l’Ensemble ! a été dévoilé lors d’une seconde vague de candidatures le samedi 7 mai après-midi, Le Parisien raconte l’ancien maire de Juvisy-sur-Orge qui se retire encore ce matin-là avec des militants LR pour sa campagne au sein de son parti d’origine.

Quelques heures seulement après avoir exploré le marché avec lui, “la plupart d’entre eux ont appris que” leur “candidat est bien représenté dans la 7e circonscription de l’Essonne, mais avec le soutien de la majorité présidentielle”, précise un confrère du quotidien régional.

Christian Jacob a également été prévenu le même jour. Indiquer par texte Le Parisien. Lorsque le leader républicain s’est réuni à huis clos, le Conseil national a lancé une campagne législative.

Dès qu’elle est devenue publique, l’apostasie a bouleversé certains membres du parti. Samedi après-midi, Lor Darcos, le patron de l’Essonne, “n’osait pas y croire”. “Ils ont chuchoté que ça pouvait être plus proche, mais ça semblait peu probable”, s’est-elle plainte auprès d’un collègue. L’union n’étant pas possible, le verdict est vite tombé : un opposant LR affrontera le jeune député de 30 ans de cette circonscription, qui regroupait Savigny-sur-Orge et Attis.

Fraude et stratégie

“J’ai pris acte de cette règle mise en place par le bureau des Républicains”, a déclaré dimanche 8 mai le député sortant au quotidien francilien. “J’espère qu’ils ne prennent pas la responsabilité de la victoire dans la 7e circonscription d’un député LFI, car le risque est grand”, a-t-il ajouté. LR et Ensemble ! sera en duel face au candidat PCF et médecin urgentiste, Loïc Pen, investi par Nupes.

Au sein de LR, certains regrettent la désertion. “Je suis déçu, je ne pensais pas qu’il franchirait la frontière”, a déclaré samedi à BFMTV le directeur général du parti. “C’est un élu très engagé, il aurait une chance d’être réélu même avec l’étiquette LR.”

L’ancien candidat Valeri Pecres doute : “Il tient bien sa circonscription, mais avait peur de se présenter au second tour” face à LaREM et à la gauche, soutenue par le président.

Mais le député, qui travaillait déjà sur LaREM, devenu une Renaissance, aurait-il d’autres ambitions sur des sujets rejetés par son parti, comme la légalisation du cannabis ?

“C’est le problème avec Macron, les trentenaires et demi qui pensent tous qu’ils peuvent devenir ministres”, sourit un élu LR.

Le rassemblement a longtemps été très proche du président de la région Ile de France. “Baby Pecres” dit une connaissance ordinaire. Mais la participation de son mentor politique à la campagne présidentielle a été limitée. L’infortuné candidat à la présidentielle était le seul que le jeune candidat avait averti à l’avance de son départ.

Robin Reda peut – à condition d’être investi par Together ! – de rester membre du groupe majoritaire au Conseil Régional d’Ile de France. Comme c’est le cas du maire de Fontainebleau d’Horizons, Frédéric Valletto.

De Hortense de Montalivet avec Alexis Cuvillier