France

Treize ans après le crash de 2009, le procès de Yemenia Airways débute à Paris

Stefan Burgat avec l’AFP 07h46, 9 mai 2022, modifié à 17h54, 9 mai 2022

Treize ans après un accident d’avion dans l’océan Indien qui avait fait 152 morts en 2009, le procès de Yemenia Airways se déroulera du 9 mai au 2 juin à Paris. Des dizaines de proches des victimes sont attendus devant le tribunal correctionnel de la capitale, ainsi qu’à Marseille, où une partie du procès est retransmise pour de nombreux habitants de la région.

L’homicide involontaire de Yemenia a commencé lundi à Paris, près de 13 ans après un accident d’avion près des Comores qui avait fait 152 morts en 2009 et laissé un survivant de 12 ans. Des dizaines de proches des victimes sont attendus à 13h30 devant le tribunal correctionnel de la capitale, ainsi qu’à Marseille, où une partie du procès est retransmise pour ceux, nombreux, qui habitent la région.

“Il me hantera toujours pour le reste de ma vie.”

Au mur du salon se trouve une photo qui n’oubliera jamais le sourire éclatant de Yusuf, un adolescent de 17 ans. “Tout allait bien, il partait en vacances pendant un mois. Il me hantera toujours pour le reste de ma vie”, confie Marie Omar au micro d’Europe 1. Le 30 juin 2009, elle perd son jeune frère, mais aussi sa mère. , Saliha, tous deux étaient à bord de l’avion au Yémen.

“Je m’en souviens parce que je les ai ramenés à l’aéroport. Mon frère était content de partir en vacances. On a parlé des conséquences, mon frère devait passer son livre, il aurait eu 18 ans en décembre de cette année-là”, poursuit Marie Omar.

“Ils ont dit que c’était un désastre pour les pauvres.”

Après s’être empressée d’aider les autres familles des victimes au sein de l’association, cette démarche est pour elle le moment de vérité qu’elle n’attendait plus. “Vous vous rendez compte, c’était en 2009. Nous sommes en 2022. Il y avait 152 passagers dans cet avion. Ils ne pouvaient pas être morts pour rien. Doit [les responsables de la compagnie] être condamné, une vraie sanction. Ils doivent reconnaître leurs lacunes. »

“Ils n’ont pas reconnu que quelque chose s’était passé. Ils n’ont même pas offert nos condoléances. Il n’y avait pas de cellule de crise, il y avait du mépris. Il leur fallait « oublier. Ils ont dit que c’était la catastrophe des pauvres”, a déclaré Marie Omar. Marie Omar prévoit de se rendre à Paris pour suivre le procès, prévu le 2 juin.