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Nouveau gouvernement : qui est le premier ministre élu par Emmanuel Macron ? Liste distribuée des candidats

Emmanuel Macron a déclaré aux journalistes à Berlin ce lundi qu’il voulait dire le nom de son nouveau Premier ministre. Bien après sa réélection, l’identité du nouveau locataire de Matignon n’a pas encore été dévoilée. Voici la liste des candidats qui ont été évoqués ces dernières semaines.

S’exprimant à Marseille entre deux tours, le candidat à la présidentielle Emmanuel Macron a promis : “La politique que je mènerai au cours des cinq prochaines années sera environnementale ou non.” Ainsi, le 16 avril 2022, il confirmait à ses militants et aux millions de Français qui l’écoutaient que son futur chef de gouvernement serait “directement responsable de la planification environnementale”, ce qui ouvre significativement la porte à un premier ministre issu de la branche ” verte ” ” politique. Pourtant, dès le soir du second tour, les spéculations sur le profil à retenir ont dressé une liste où chaque nom ne semble pas forcément répondre à ces critères. Alors qu’Emmanuel Macron a dit savoir qui serait son nouveau Premier ministre ce lundi à Berlin, tour d’horizon des forces en présence.

Epouse à Matignon

C’est un critère qui semble important aujourd’hui aux yeux de l’exécutif, même s’il ne prévaut peut-être pas sur tous les autres : le futur premier ministre doit être premier ministre. D’où la piste régulièrement évoquée conduisant Elizabeth Bourne à s’installer à Matignon. L’actuel ministre du Travail semble avoir les épaules et l’avantage d’être assez marqué à gauche, ce qui est plus conforme au signal que voudrait envoyer Emmanuel Macron. Elle a dans son CV un passage comme directrice de cabinet de Ségolène Royal lorsque cette dernière était ministre de la Transition écologique, et semble donc remplir tous les critères.

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Mais d’autres profils émergent. Comme celle de Christelle Moranse, de plus en plus évoquée. Elle occupe actuellement la présidence en région Pays de la Loire, mais elle a tout de même une position de droite claire comme vice-présidente des Républicains qui peut lui servir. Elle a également rejeté l’hypothèse d’un déménagement prochain à Matignon, affirmant qu’elle détient actuellement “le plus beau mandat” de sa région. Autres routes évoquées : Natalie Kosciuszko-Morisette, ancienne secrétaire d’Etat et ministre de l’Ecologie sous Nicolas Sarkozy ; Lawrence Tubiana, ancien ambassadeur du climat, dont le nom était déjà évoqué avant la nomination de Jean Castex ; Christine Lagarde, directrice de la Banque centrale européenne et ancienne ministre de l’Economie de Nicolas Sarkozy également. Deux autres femmes auraient été approchées, dont Valérie Rabo, députée du Tarn-et-Garonne et patronne des élus PS à l’Assemblée nationale qui auraient démissionné, et Veronica Bedage, ancienne directrice de cabinet de Manuel Valls lorsqu’il était Premier ministre. Ministre qui ne suivrait pas.

élu ministre ?

Autour du président Emmanuel Macron, de nombreux ministres se sont illustrés par leur crédibilité quinquennale aux yeux de l’Elysée. Parmi eux, plusieurs noms ont été identifiés comme potentiels futurs habitants de Matignon. C’est notamment le cas de Julien Denormandi. A 41 ans, l’actuel ministre de l’Agriculture, qui a été auparavant nommé secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires avant d’être nommé ministre de la Ville et du Logement, fait partie d’un cercle très proche du président réélu. Egalement ancien directeur de cabinet adjoint, quand Emmanuel Macron était ministre de l’Economie, il semble être l’histoire de Macroni. Sa nomination ne marquera pas le tournant tant attendu vers la gauche, mais elle ne fera pas basculer davantage le début de son mandat de cinq ans vers la droite. Parmi les ministres actuels, le profil masculin apparaît le plus souvent.

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Mais d’autres noms ont été évoqués dans les rangs des ministres, comme Gabriel Attal, qui n’a accédé au pouvoir que lors de son premier mandat, passant de député ordinaire à porte-parole d’En Marche, avant de devenir secrétaire d’État à la jeunesse et enfin porte-parole du gouvernement. . Bruno Le Mer, Sébastien Lecornu ou encore Gérald Darmanin sont également apparus dans la presse, sans que leur candidature soit considérée comme vraiment sérieuse, alors que l’hypothèse de voir Olivier Veran à Matignon ne sera pas si mal vue par les électeurs, selon un sondage publié à la fin à partir d’avril.

Au sein de la Macronie

Un profil de Matignon peut-il être proposé parmi les fidèles d’Emmanuel Macron ? L’hypothèse est plus incroyable, mais pas impossible. L’actuel président de l’Assemblée nationale, Richard Ferran, a son autobiographie, mais il n’incarnerait pas la nouveauté que l’exécutif peut vouloir offrir. Même constat pour Alexis Kohler, présenté comme le plus proche conseiller d’Emmanuel Macron depuis son arrivée au pouvoir. Voir le secrétaire général d’Elise changer d’adresse serait une surprise, tout comme François Bayrou descendre du navire. Comme Richard Ferran, le maire Poe traîne derrière lui des casseroles légitimes et peut être à blâmer. Ce n’est pas le cas de Pascal Canfin, dont le profil a de quoi plaire au sommet du pays. L’ancien député européen EELV, avant d’être réélu avec le label LREM, a une garantie environnementale pour lui après avoir occupé WWF France pendant trois ans. Et cela semble compatible avec Macron, puisqu’il a été nommé en 2018 membre du Conseil suprême du climat de l’Elysée.

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Surprise à gauche ?

Et si Emmanuel Macron choisissait un virage à gauche plus lumineux pour Matignon ? Face à l’union populaire qui se forme pour les législatives, le président pourrait être tenté de couper le tapis sous les pieds de ses adversaires politiques en nommant une personne clairement identifiée à gauche. Les noms de certains anciens candidats à la présidentielle circulent. Celui d’Arno Monteburg a été évoqué fin avril, mais n’est plus réapparu depuis. Au sein d’EELV, il y a une crainte de désaccord de la part de Yannick Jadot. L’ancien candidat du parti à la présidentielle se fait très discret depuis la fin de la campagne, mais ses désaccords avec certaines positions soutenues par LFI sont connus. A tel point que l’alliance avec le parti de Jean-Luc Mélenchon fait craindre un changement de cap. À certains moments, il semble être compatible avec Macron, même s’il a déclaré pendant la campagne qu’il croyait en la politique “le braconnage ne sert à rien”. Les noms de Nicole Nota, ancienne porte-parole de la CFDT, ou encore Bertrand Delano, ancien maire de Paris, sont également apparus ici et là.