France

la justice ordonne son “ouverture provisoire”

La Grande Mosquée de Beauvais, le 28 décembre 2021 FRANCOIS LO PRESTI / AFP

La Grande Mosquée de Beauvais, qui accueille habituellement quatre cents croyants, a été fermée pendant six mois fin décembre sur ordre de la préfecture des Oasis pour des prêches jugés radicaux entre avril et décembre 2021 par l’imam Eddie Lecock, un jeune converti formé en Arabie saoudite. Le juge des référés du tribunal administratif d’Amiens a ordonné son “ouverture provisoire”, lundi 16 mai, soulignant les “changements intervenus” depuis sa fermeture, notamment l’expulsion de l’imam.

“Les changements intervenus depuis la fermeture de la mosquée, notamment l’expulsion de l’ancien imam, la suppression du contenu de ses prêches et des textes qui s’y rapportent dans les comptes de réseaux sociaux de l’association gouvernante, justifient la réouverture du site”, a-t-il ajouté. dit le tribunal administratif.communiqué de presse.

Le juge de la formation a également noté que l’association gouvernante “a modifié ses statuts pour y inclure une déclaration d’engagement envers les valeurs républicaines et pour établir un conseil consultatif de sages sur tous les aspects du culte”. Il a estimé, dans ces circonstances, que « le maintien de la fermeture de la mosquée constitue une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté religieuse » et « a ordonné au préfet de l’Oasis de reconsidérer la demande de réouverture de la mosquée ».

” J’attends [cette] décision”, le juge a autorisé “l’ouverture provisoire de la mosquée de Beauvais immédiatement”, selon le communiqué.

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“Retrait d’identité”

Les prêches de l’imam Eddie Lecock “incitent au djihad”, incitent les croyants à “retirer leur identité” et appellent à la “haine”, notamment des juifs, des chrétiens ou des homosexuels, a indiqué la préfecture. Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a accusé mi-décembre la mosquée d’atteinte au “modèle républicain et à la France”. A la demande de l’Agence France-Presse (AFP) lundi, le ministère de l’Intérieur n’a pas souhaité réagir à ce stade.

La première plainte déposée par l’association Espoir et fraternité a été rejetée fin décembre. Cependant, la justice a ouvert la possibilité de demander une réouverture lorsqu’elle « introduit un système global » face à un « dysfonctionnement ». “Cela fait cinq mois que des mesures correctives ont été prises”, a déclaré vendredi l’avocat de l’association Seffen Guez lors de l’audience en référé.

“Ce n’est pas seulement le problème d’Eddie Lecock, c’est le problème de l’adhésion managériale”, lui a dit un porte-parole du préfet de l’association, “transmettant et postant” certains prêches sur ses sites internet et réseaux sociaux.

Le monde avec l’AFP