France

Elle ne regrette pas son appel au boycott

Le Québec anglophone, qui est à l’origine de l’appel au boycott viral d’un boulanger montréalais qui aurait refusé de servir des clients en anglais, dit ne pas regretter les conséquences de la polémique qu’il a créée.

“Je me suis dit, mon Dieu, quand c’est arrivé. J’étais triste de voir qu’il refusait de servir en anglais à Montréal. Je n’ai jamais vu ça dans ma province de Bell auparavant », se plaint Elaine Dubow Harris, qui est parfaitement bilingue.

Cette habitante de Westmouth a tenu à donner sa version des faits après avoir lu dans Le Journal le témoignage de Jérôme Moutoné, propriétaire de la boulangerie Brioche Dorée.

Ce dernier a accusé lundi Elaine Dubow Harris d’avoir mené une campagne de diffamation sur les réseaux sociaux contre son entreprise après avoir prononcé une seule phrase dans la langue de Molière à un client anglophone.

Photo par Agence QMI, Joël Lemay

Jérôme Moutoné, propriétaire de la boulangerie Brioche Dorée

“La vérité, c’est que je suis entré dans ses affaires avec des amis anglophones. Il a refusé de parler leur langue. Je lui ai gentiment demandé pourquoi. Il a répondu que c’était son pays et qu’on parlait français ici », a expliqué Mme Dubou Harris.

“C’est un Français de France. Je suis un vrai québécois, né ici. Je parle les deux langues sans aucun problème. Ma grand-mère est francophone, née au Québec en 1892 », a-t-elle répondu en buvant son thé glacé.

Elaine Dubow Harris a finalement prévenu le boulanger qu’il perdrait sa clientèle anglophone à Westmount s’il refusait de parler la langue de Shakespeare.

“Il m’a dit qu’il s’en fichait et qu’il n’en avait pas besoin”, soupire l’homme, qui vit aux Etats-Unis depuis plus de 30 ans.

Le résident de Westmount a immédiatement décidé d’envoyer un courriel à 35 amis avec pour objet : « La loi 96 m’a frappé au visage aujourd’hui ! “.

Dans ce texte diffusé et devenu viral sur les réseaux sociaux, la dame appelait au boycott de la boulangerie Brioche Dorée.

“C’était hors de mon contrôle, j’ai reçu tellement de messages. C’était partout sur Instagram et Facebook. Je n’ai pas compris », a déclaré le Montréalais.

Mais regrette-t-elle d’utiliser ainsi la Loi 96 ? “Non, pas du tout”, a répondu Mme Dubou Harris sans hésiter.

impolitesse

Photo par Agence QMI, Joël Lemay

A ce propos, le propriétaire de Brioche Dorée se défend et confirme que personne ne doit “imposer la langue dans laquelle il sert ses clients”.

“C’est dommage si je perds mes clients en anglais. Après la dispute, j’ai des gens de partout à Montréal qui viennent me soutenir. Ce qui est en jeu ici n’est pas une question de langage, mais de courtoisie », explique Jérôme Moutone.

♦ En vertu de la loi 101 ou de la nouvelle loi 96, adoptée mardi, une entreprise québécoise n’est pas tenue de servir ses clients en anglais.

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