La guerre en Ukraine reste également une de ses priorités, tout comme l’Europe avec un discours ambitieux sur l’avenir du projet européen le 9 mai à Strasbourg.
“redémarrage lent”
Après un discret week-end de l’Ascension rempli d’échanges téléphoniques internationaux dans sa résidence de Breganson, dans le Var, le chef de l’Etat reviendra à Bruxelles pour un sommet européen lundi et mardi, après quoi il se rendra à terre en France, a précisé son entourage. refusant toute immobilité.
De son côté, le président de l’Institut Elabe, Bernard Sananes, s’est dit “surpris du décalage entre la volonté d’Emmanuel Macron avant la présidentielle de gouverner jusqu’au dernier moment et l’impression aujourd’hui qu’au début, elle tarde à redémarrer”.
Contrairement à François Mitterrand ou à Jacques Chirac, il n’a certainement pas été réélu à l’issue de sa cohabitation, aussi son second quinquennat s’inscrit-il naturellement dans la continuité du premier.
“Mais on ne sent pas ce nouvel élan et on voit que les Français sont assez critiques”, estime Bernard Sananes.
Quatre semaines pour annoncer le gouvernement
La nomination d’un nouveau gouvernement pour donner le ton a pris quatre semaines après la victoire présidentielle, un autre long délai inédit, laissant Jean-Luc Melanchon et son alliance de gauche presque seuls devant la scène. Le président a sans doute voulu jouer un moment pour ne pas exposer la nouvelle équipe trop tôt avant les élections législatives, estiment les experts.
“Cela permet de ne pas céder à un certain nombre d’attentats, de combler le vide et d’avoir ensuite un effet de respiration”, à l’annonce du nouveau gouvernement, a indiqué Benjamin Morel, professeur à l’université. Paris 2. Mais en cette “période de relative morosité”, cette perspective s’est réduite “comme au compte-gouttes”, a-t-il dit.
Le gouvernement d’Elizabeth Bourne, dont la catégorie des poids lourds était déjà présente dans l’Acte I, était largement perçu comme un gouvernement de changement de succession. Il a suscité peu d’enthousiasme chez les Français, qui se disent mécontents de 58% de son casting, selon un sondage Ifop-Fiducial pour Sud-Radio publié vendredi.
Atonie qui inquiète
A deux semaines des élections législatives, cette morosité inquiète la majorité. “Il n’y a pas d’avantage politique (sens, ndlr)”, déplore une source parlementaire de La République en marche (LREM), appelant à “intensifier le jeu”.
Les accusations de viol contre le nouveau ministre des Solidarités Damien Abad, une récompense militaire LR destinée à conquérir l’électorat de droite, ont également refroidi. Abad, “ça pollue tout, surtout la séquence Bourne”, a déclaré une source au parlement, même si le parquet de Paris a précisé qu’il n’avait pas ouvert d’enquête préliminaire “en l’état”.
Le manque de « dynamisme » se reflète dans les intentions de vote, qui envisagent un rétrécissement de la majorité pour le camp présidentiel (295 sièges sur 335 sur 577, selon un sondage OpinionWay du 25 mai pour Les Echos).
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