France

Orpea abuse de l’argent public destiné à ses Ehpad

Interrogée, Orpea a reconnu, mercredi 8 juin 2022, certaines des mauvaises pratiques décrites dans le livre Les Fossoyeurs. Suite à la publication de ce livre en début d’année, le géant français des infirmiers et toxicomanes a demandé à deux sociétés indépendantes, Grant Thornton et Alvarez & Marsal, de réaliser des audits. Ce dernier a publié un résumé de leurs conclusions. Ils sont gênants.

Concernant la gestion des fonds publics destinés aux Ehpad du groupe en France, les entreprises ont constaté plusieurs dysfonctionnements. Comme des “montants inadmissibles ou excessifs déclarés aux autorités”, qu’ils attribuent au manque de fiabilité dans le processus de déclaration des effectifs, alors que l’auteur des Fossoyeurs Victor Castane y voyait une opportunité pour le groupe de faire des économies. . De même, les entreprises soulignent “le manque de fiabilité du processus de rapprochement entre bons de commande, bons de livraison et factures d’achat, qui n’a pas permis de détecter systématiquement d’éventuelles fraudes”.

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Des remises pour augmenter le résultat du groupe

Sérieusement, ils soulignent “la pratique des remises à l’année (RFA) avec certains grands fournisseurs de produits financés par des subventions publiques qui n’ont pas été signalés aux autorités comme prévu”. Ces concessions permettaient de financer des activités collectives ou des investissements qui n’étaient pas directement liés aux soins et à la dépendance, ce qui est interdit. Dans le même ordre d’idées, les entreprises relèvent une pratique dépassée de 2017 visant à maximiser la consommation des fonds alloués par les autorités aux EHPAD pour les dispositifs médicaux. Cela se fait par la facturation d’un prestataire dont la réalité ne peut être vérifiée et profite au groupe via un mécanisme de RFA.’

A travers les économies du groupe par détournement de deniers publics, “les excédents ainsi dégagés pourraient contribuer au résultat” d’Orpea, société cotée.

Les sociétés identifient également les rémunérations versées avec l’accord de l’ancien directeur général Yves Le Masn, licencié après la publication du livre, ou des membres de son équipe, “tiers associés dont le problème a été soulevé”. Ces rémunérations ont été identifiées par le groupe dans le cadre de ses récentes enquêtes internes et certaines d’entre elles figurent déjà, entre autres transactions, dans la plainte déposée par Orpea le 21 avril 2022 auprès du parquet de Nanterre, a indiqué la société dans un communiqué.

Orpea reconnaît également avoir été perquisitionné, mercredi 8 juin, au siège et dans certains de ses établissements : après les inspections menées par l’IGAS et l’IGF, une enquête a été ouverte par le parquet de Nanterre en avril dernier. Les entreprises devront également présenter d’ici quelques jours leurs conclusions sur les thèmes de la prise en charge des personnes âgées et sur le volet social.

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Le guide en question

Face à ces révélations, Philippe Charié, PDG d’Orpea, a déclaré dans un communiqué « à toutes nos parties prenantes, nos excuses les plus sincères. Suite au départ de l’ancien directeur général le 30 janvier 2022, nous avons pris des mesures urgentes et substantielles pour corriger les systèmes inefficaces, éliminer les pratiques inappropriées, sanctionner les fautes individuelles et saisir les juridictions compétentes. »

Selon Le Figaro, dans une lettre adressée à Philippe Charrier, 14 grands investisseurs d’Orpea réclamaient un renouvellement complet du conseil d’administration faute d’avoir « pu rétablir un dialogue satisfaisant avec la direction du groupe ». Le nouveau directeur général Laurent Guillaume prendra ses fonctions le 1er juillet chez Orpea.

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