Publié le : 13.06.2022 – 16:50
L’armée française a officiellement quitté la base militaire de Ménaka, dans le nord-est du Mali, et remis les clés aux Forces armées maliennes (FAMa), l’avant-dernière étape des forces antijihadistes de Barkhane quittant le pays.
Les troupes françaises ont officiellement remis à l’armée malienne, lundi 13 juin, la base de Menaka, dans le nord-est du pays, où étaient également stationnés des hommes des forces européennes de Takuba. Le retrait intervient alors que la région connaît une détérioration significative de la sécurité, avec une augmentation des offensives de l’État islamique depuis début mars.
Les troupes françaises quitteront définitivement le Mali “à la fin de l’été” avec le transfert aux FAMA de leur emprise principale à Gao, a déclaré le porte-parole de l’état-major, le général Pascal Yani, lors d’un point de presse.
Ouverte en 2018, la base de Ménaka, dans la région dite des Trois Frontières, aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, abrite notamment un groupement des forces spéciales françaises et européennes Takuba, qui vise à aider les forces maliennes à gagner autonomie. Son ordinateur était maintenu à Gao avant sa disparition. “Il n’est pas prévu de transférer Takuba au Niger”, ont déclaré des responsables.
Les relations entre la junte au pouvoir à Bamako et Paris, ancienne puissance coloniale, se sont fortement détériorées ces derniers mois, notamment après l’arrivée au Mali de paramilitaires du groupe russe Wagner, qui a provoqué la désintégration des deux pays après neuf ans de présence française continue. combattre les djihadistes.
Accueil “réalisé en bon état”
Le départ de Ménaka lundi s’est déroulé “dans le bon ordre, en toute sécurité et en toute transparence, dans un contexte où les forces anti-djihadistes de Barkhane font face à des attaques régulières d’information visant à ternir ses actions et sa crédibilité”, a indiqué l’état-major.
Un jour après une précédente diffusion sur une base française de Gossi en avril, l’état-major français a diffusé des images de drones près de la zone montrant des paramilitaires, très probablement du groupe de Wagner, en train d’enterrer des corps pour accuser la France de crimes militaires.
Ainsi, avant la reddition de Ménaka, l’armée française était “très vigilante aux attaques d’information”, soupçonnant d’éventuelles manœuvres pouvant nuire à son image, notamment en organisant des manifestations anti-françaises ou des accusations d’entente secrète entre Barkhan et des jihadistes qui avaient déjà compris sur les réseaux sociaux.
Barkhane au Sahel, actuellement la plus grande opération étrangère de la France, a mobilisé jusqu’à 5 500 personnes sur le terrain en 2020. Paris a décidé de faire des économies l’été dernier en fermant ses bases militaires modernes les plus septentrionales. Mali, à Kidal, Thessalite et Tombouctou.
Emmanuel Macron a alors décidé en février un retrait militaire total du Mali, dans le contexte de dégradation sécuritaire et de crise diplomatique entre Paris et Bamako.
Pour autant, “la réarticulation des forces de Barkhane et le transfert d’influence à Ménaka, puis à Gossi, ne marquent pas le départ des armées françaises de la bande sahélo-saharienne”, a indiqué l’état-major de la région, à leur demande ( …) reste une priorité absolue’.
Avec l’AFP
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