France

En route vers les élections “La bataille de toutes les batailles”

Absente à l’est de la Riviera du Lou, la Coalition avenue Québec veut profiter de la faiblesse du Parti québécois pour remporter l’élection du 3 octobre. Mais la formation de René Lévesque n’a pas dit le dernier mot. Elle mènera la « bataille de toutes les batailles » pour assurer sa survie. La Presse se rend en Gaspézi et au Bas-Saint-Laurent pour mesurer son rythme cardiaque.

Posté à 17h00

Fanny Lévesque La Presse

Philippe Boaven La Presse

Le dernier bastion

« L’Est du Québec et la Gaspésie ont peut-être cela entre les mains. »

C’est l’avenir du Parti québécois.

photo de Philip Boyven, presse

Alexis Deschênes, candidat du Parti Québécois dans Bonaventure

Le candidat de Bonaventure, Alexis Deschamps, ne se fait pas d’illusions : « Objectivement, quand on regarde le contexte, ça n’a jamais été aussi difficile. L’ancien journaliste, devenu avocat de l’aide juridictionnelle, sait que le défi qui attend sa formation politique est colossal : « C’est la bataille de toutes les batailles. »

Le Gaspésien fait face à une cinquantaine de militants réunis pour un souper de homard dans une petite salle publique de Paspébiac, près du village de New Carlisle, lieu de naissance de René Lévesque.

” [Ceux] qui veulent mettre fin à la vie du Parti Québécois, ils devront passer par nos corps et vous m’entendrez crier jusqu’au bout », lance-t-il avec enthousiasme.

photo de Philip Boyven, presse

Alexis Deschênes, candidat du Parti Québécois dans Bonaventure

“Nous donnerons tout. »

Plus que jamais, les espoirs du PQ se portent vers l’est de la province avec les départs de Veronica Hivon (Joliet) et Sylvain Godroe (Jonquier). Toute la zone à l’est de la Riviera du Lou, de Rimouski à l’Ile de la Madeleine en passant par Gaspé et Paspébiac, a été peinte en bleu en 2018. Cela s’applique également à la Côte Nord.

Mais alors que les sondages d’opinion le placent à un niveau historiquement bas avec 8 % d’intentions de vote, que restera-t-il du Parti Québécois le 3 octobre ?

La mort du PQ est de plus en plus évoquée par les observateurs politiques. Le site Québec125, un modèle statistique de prévisions électorales basé sur les sondages et les tendances, donne au parti une place à Matane-Matapédia, la forteresse de Pascal Bérubé. “Je sais que c’est possible”, a suggéré Alexis Deschênes en entrevue.

Photo de Philip Boyven, LA PRESSE

Alexis Deschen, en entrevue avec La Presse

Ici, on le sent, on est encore fort, mais on est le dernier rempart.

Alexis Deschen

La Coalition avenir Québec (CAQ) prépare aussi ses armes pour ravir les fiefs péquistes en difficulté. La formation de François Lego a confirmé mercredi la candidature du maire de Baie de Côme Yves Montini à René-Lévesque, où l’actuel député Martin Wellett ne brigue pas un nouveau mandat.

Aux Îles-de-la-Madeleine, la CAQ a envoyé le maire Jonathan Lapierre pour croiser le fer avec Joel Arseno, qui a remporté l’élection par 15 voix en 2018. Selon Québec125, une vague CAQ pourrait couvrir toute la Gaspésie et pousser le PQ hors du Nord Côte.

L’actualité des dernières semaines n’y a rien arrangé : le réseau CAQ, qui a nommé l’ancien ministre péquiste Bernard Drainville, et les mots durs de l’ancien premier ministre Lucien Bouchard, qui a mis en cause le « véhicule » de la souveraineté du Parti québécois.

Qu’importe, Alexis Deschen ne veut pas rester à l’écart. “Je ne peux pas être régisseur quand on nous annonce la mort du parti de René Lévesque”, a déclaré celui qui a été battu sous le drapeau du PQ en 2014 à Troyes-Rivière.

Celui, qui est revenu s’installer dans sa ville natale de Gaspézi, mise sur le maintien de la balade de Bonaventure sur la section du Parti Québécois, laissée vide avec le départ de Sylvain Roy, qui a quitté le parti il ​​y a un an, invoquant une pause dans la « relation « de confiance » avec le nouveau chef Paul Saint-Pierre Plamondon.

Sylvain Roy, alors indépendant, n’a pas encore fourni d’informations actualisées sur son avenir politique.

Bérubé devant, le Bloc en renfort

Signe de l’importance de l’Est pour l’avenir de l’éducation politique, le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, ne ménagera aucun effort lors de sa campagne dans le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et la Côte-Nord. Il ira bientôt à Sept-Îles (Duplessis), où il tente de trouver un successeur à Lorraine Richard.

photo de Philip Boyven, presse

Pascal Bérubé, député de Matane-Matapédia, à son bureau de Matane

Étonnamment, René-Lévesque et Duplessis, deux fiefs péquistes, n’ont toujours personne dans les rangs pour défendre les couleurs péquistes. L’acteur Mario Saint-Amand, récemment établi à Sept-Île, était recherché mais sa candidature a été rejetée.

“Je vais rejoindre la campagne […]. « Je le ferai pour mes voisins immédiats : Alexis Deschamps, Megan Perry Melanson (Gaspé) et Samuel Wellett (Rimouski) », a assuré l’ex-intérimaire péquiste dans une longue entrevue avec La Presse.

“Je surveillerai les résultats, nous coordonnerons les sorties médiatiques”, a déclaré M. Bérubé. « Par exemple, si j’ai des téléphonistes qui ont atteint leurs objectifs à Matane en une journée, je les envoie dans un autre quartier. J’ai une banque de militants car elle sera très décentralisée », a-t-il ajouté.

Il promet d’être omniprésent dans la région et de décrocher le téléphone “sans arrêt” pour joindre les électeurs.

Le bloc québécois prêtera également main forte au Parti québécois, comme l’a confirmé Yves-François Blanche lors du dernier congrès du parti. Les militants des circonscriptions du Bloc aideront notamment les équipes locales du PQ.

A la prochaine reconstruction ?

De retour à Paspebiak, les discussions vont bon train pour un bon homard et un verre de vin blanc. Des militants prétendent même qu’Alexis Deschen pourrait être le prochain chef du Parti québécois. “Il a un leadership naturel et peut mener le Québec à l’indépendance”, a déclaré l’un.

“Cet homme, si le Parti Québécois est rétabli, je dis bien, si parce qu’il n’est pas gagné, il fera partie de la reconstruction, c’est important de l’envoyer à Québec”, a déclaré l’organisateur de campagne Benoit Cayouette.

Photo de Philip Boyven, LA PRESSE

L’espace René-Levesque, situé à New Carlisle

Le principal intervenant est serein : « Je ne sais pas si je serai élu, je ne sais pas combien nous serons, mais si je suis élu avec un certain nombre de députés […]on aura un noyau solide à partir duquel, oui, on pourra construire », avoue le père de trois adolescents.

“Félix Leclerc a chanté que le cri qui réveillera la nation viendra de Gaspézi. C’est ce que je veux. »

En chiffres

sept

Nombre de députés du Parti québécois à la dissolution de la Chambre

35 000

Nombre de membres du Parti québécois

Source : Parti Québécois

Romain souhaité