L’affaire est prise très au sérieux par la direction de l’université Rennes 2. Mais la complexité et la gravité des faits dans lesquels l’ancien directeur du Staps est mis en cause, l’obligent à la plus grande prudence. L’université peut-elle réintégrer son maître de conférences alors que celle-ci est accusée dans le cadre de trois affaires de viols sur des universitaires ? La justice française le croit. Lors d’une audience le 1er juin, l’ancien directeur de l’UFR a obtenu gain de cause, comme l’a annoncé Le Télégramme vendredi 17 juin. Ce lundi, la direction de l’université de Rennes a annoncé que l’enseignant visé par les plaintes avait fait l’objet d’une “interdiction temporaire d’accès au campus”. Selon les informations recueillies auprès de 20 Minutes, un décret a été publié la semaine dernière. Soulagement pour les sinistrés, mais aussi pour tout le Département des sciences et techniques des activités physiques et sportives.
L’annonce de la décision de justice a provoqué une grande émotion dans les rangs du personnel de l’UFF, dont beaucoup ont indigné leur direction. “Il y a eu une forme d’étonnement, d’incompréhension, parce que personne ne s’attendait à ça”, témoigne un professeur de 20 minutes. Démis de ses fonctions en 2017, l’ancien directeur du Staps n’a pas encore été jugé et continue de plaider non coupable. Depuis son interrogatoire, il a toujours cherché à retourner à l’université, ce qui lui a toujours été refusé. “Il voulait revenir comme si de rien n’était. Mais les trois candidats sont toujours entre nos murs et l’université a le devoir de protéger son personnel. Ce n’est pas aux candidats de s’adapter. Imaginez si vous en croisiez un”, poursuit le professeur. “Cela me donne l’impression d’une justice qui se protège plus qu’elle ne protège les victimes présumées. Cela ne va pas sans provoquer des incompréhensions et des inquiétudes en eux », a déclaré un autre enseignant du département.
Plainte étudiante déposée en 2017
L’affaire a éclaté en 2017 lorsqu’une doctorante de 24 ans a porté plainte pour harcèlement, agression sexuelle et viol contre le directeur de sa thèse. Considéré comme innocent, l’enseignant de 52 ans a toujours affirmé que la relation était par consentement mutuel. A la première se sont ajoutées deux autres plaintes de deux enseignants de l’UFR. L’université rappelle avoir saisi leur section disciplinaire, désorientée dans un autre établissement, mais qui attendra “le résultat de l’enquête pénale avant de se prononcer”.
Cette interdiction d’accès au campus est présentée comme une mesure de protection que l’employeur doit à ses salariés “afin de préserver la sécurité et la santé de ses agents”, “au regard de la présomption d’innocence”, précise la direction de l’université. Le CHSCT a convoqué une session extraordinaire et prévenu la présidence. Si le professeur en question s’était vu accorder le droit de retourner à l’université, il lui était néanmoins interdit de contacter les candidats. “C’est traumatisant pour eux. Ils ont eu une mauvaise expérience », a déclaré l’enseignant.
Add Comment