Le président a pris la température avec l’opposition quelques heures après le choc du résultat des élections législatives, qui ne lui garantissaient pas la majorité absolue à l’Assemblée pour mener à bien ses réformes. Il faudra donc élaborer et faire en sorte qu’un dialogue puisse se tenir avec les chefs de parti. C’est ainsi qu’Emmanuel Macron les a reçus tour à tour ce mardi et ce mercredi chez Elise. Si certains louent l’oreille attentive du chef de l’Etat, d’autres préviennent qu’il ne s’agira pas d’un recul au profit d’un projet commun.
Ouvrant le bal, le président républicain Christian Jacob a assuré avoir donné à Emmanuel Macron son refus d’entrer “dans toute logique du pacte”. “J’ai redit au président qu’il est hors de question d’entrer dans ce qui pourrait être une trahison de nos électeurs. Nous avons fait campagne dans l’opposition, nous restons dans l’opposition sur un dossier décisif mais responsable”, a déclaré le leader de droite à la fin de son entretien.
Pas de « blocage des institutions, mais„ »
Et Christian Jacob d’assurer : “Nous ne serons jamais dans le blocage des institutions, mais il ne peut s’agir d’entrer dans la logique d’un pacte de coalition, de participation ou quelque chose de ce genre (…) il est le président de la république , c’est lui qui veut cette rencontre, il doit mettre des propositions sur la table », a-t-il insisté. Le chef de l’Etat “a écouté” mais “pas de suggestions”, a déclaré M. Jacob, qui a dit avoir donné son analyse “en toute franchise”.
La même « écoute » est observée par le leader socialiste. Le premier secrétaire du Parlement, Olivier Faure, a bien confirmé avoir eu un “échange de nourriture” avec le chef de l’Etat. “Je pense qu’il a entendu le message des Français qu’il ne peut plus être président. Comment va-t-il répondre ? Sans aucun doute, cela se crée dans son cerveau », a-t-il ajouté. Mais d’insister : “Le président doit accepter d’entrer dans une phase beaucoup plus parlementaire et écouter tout le monde.” Quant aux socialistes, “nous ne sommes pas l’extrême gauche, ni la France insoumise, je lui ai dit qu’il fallait s’entendre sur un périmètre, pour continuer l’échange. (…) Le casting ne m’intéresse pas du tout, je ne suis pas le DRH de la Macronie. La seule chose qui m’intéresse, c’est de savoir ce qu’on va dire aux Français », a-t-il également déclaré en soutien au Premier ministre Elizabeth Bourne.
A sa sortie de l’Elysée en milieu d’après-midi, François Bayrou a également affirmé qu’Emmanuel Macron était “pleinement conscient de ce qui s’était passé”, ajoutant qu’il était “en état de réflexion, je pense qu’il trouve cela stimulant”. Le président de l’OIT a assuré avoir dit au chef de l’Etat “qu’il fallait se rapprocher le plus possible de l’unité nationale”, sans donner plus de détails ni préciser de quels partis il parlait. “Nous avons peut-être eu des contradictions dans le passé, mais en travaillant le plus possible ensemble, dans des débats respectueux – même s’ils sont chauds – nous ferons ce que les citoyens attendent de nous”, a déclaré François Bayrou.
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