France

Trump sera-t-il accusé ou non ?

Alors que l’implication de l’ancien président dans la criminalité devient de plus en plus évidente, le ministre de la justice doit choisir entre deux options peu attrayantes.

Les auditions de la commission sur les événements du 6 janvier 2021 sont un tas de faits incriminants sur Donald Trump. La question n’est plus de savoir s’il a commis des actes de poursuite, mais plutôt qu’est-ce qui attend Merrick Garland pour l’accuser ?

C’est peut-être la décision la plus complète que le procureur général des États-Unis ait jamais eu à prendre. Il ne peut pas hésiter indéfiniment.

faits laids

Je ne répéterai pas la liste des actes potentiellement criminels de l’ex-président. À moins d’être obsédé par ses mensonges, il est difficile de ne pas voir ce que sa destitution exige.

Des centaines de participants au soulèvement du 6 janvier ont déjà été inculpés, et plusieurs sont déjà derrière les barreaux. S’il n’avait pas été président, force est de constater que le principal instigateur de cet événement aurait lui aussi été cité à comparaître.

Tabous, obstacles et risques

Comme nous l’avons appris de l’enquête de Mueller, les obstacles constitutionnels à la destitution punitive d’un président sortant sont énormes. Dans le cas d’un ancien président, c’est un tabou que personne n’a encore osé défier, ce qui explique en partie la grande prudence de Garland à cet égard.

Garland peut s’inquiéter du conflit d’intérêts évident qu’il doit avoir pour décider du sort du principal adversaire politique de son patron. Il ne faut pas négliger la complexité inhérente à l’affaire et le fait que Donald Trump va payer pour lui-même – ou probablement faire payer d’autres – un bataillon d’avocats qui va multiplier par mois ou par années les délais de procédure et d’appel.

Quelle que soit l’issue d’un procès, les risques sont nombreux. Il est presque certain que des groupes d’extrémistes armés y verront un prétexte pour manifester de force leur soutien à Trump. Quant aux partisans républicains, des dizaines de millions d’entre eux sont suffisamment intoxiqués par les mensonges de Trump pour réagir moins radicalement.

Les risques d’un acquittement n’en seraient pas moins réels. Premièrement, ce serait un coup fatal à la crédibilité du système judiciaire, où les dés sont pipés au profit des puissants et des privilégiés. L’acquittement de Trump sera également considéré comme une forme de légitimation de ses actions politiques fondées sur le mensonge, l’intimidation et la violence.

Risque requis

Les risques d’acquittement sont donc réels, mais ceux de renverser la serviette sur les actions de Trump seraient encore pires. C’est pourquoi il serait inacceptable de ne pas appeler Donald Trump à répondre de ses actes devant les tribunaux.

Cette prochaine partie du cirque politique, qui a commencé il y a sept ans lorsque Donald Trump est descendu de l’escalator de sa tour, est susceptible d’être encore plus polarisante et potentiellement plus violente que quiconque a comparu avant lui.

Le procès contre Trump comporte des risques importants, mais c’est la seule chance pour nos voisins de se débarrasser du cancer, qui peut avoir le meilleur de l’expérience démocratique américaine.