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La Cour suprême confirme le droit de porter les armes hors de chez soi

(Washington) La Cour suprême des États-Unis a annulé jeudi la loi sur les armes de l’État de New York, qui consacre le droit des Américains de quitter leur domicile armés.

Publié à 10h43 Mis à jour à 23h21

Charlotte PLANTIVE Agence France-Presse

La décision, prise à la majorité de six juges conservateurs sur neuf, intervient alors que le pays est toujours secoué par une série de fusillades meurtrières, dont l’une a tué 21 personnes dans une école primaire du Texas le 24 mai.

“Les deuxième et quatorzième amendements à la Constitution protègent le droit de l’individu de porter un pistolet d’autodéfense à l’extérieur de la maison”, a écrit le juge Clarence Thomas à propos de la majorité.

Le tribunal a agi “sans tenir compte des conséquences potentiellement mortelles de sa décision”, regrette son homologue progressiste Stephen Brier dans un argument séparé, rappelant qu'”en 2020, 45.222 Américains ont été tués par arme à feu”.

Le puissant lobby des armes, la National Rifle Association (NRA), a immédiatement salué la “victoire”. La décision, en revanche, est un fort mépris pour les partisans d’une meilleure réglementation des armes à feu, dont les efforts seront compliqués.

C’est notamment le cas d’une loi qui, à partir de 1913, limite la délivrance d’autorisations de port d’armes dissimulées aux personnes qui ont des raisons de croire qu’elles peuvent avoir besoin de se défendre, par exemple en raison de leur profession ou de menaces à leur encontre.

Il a été contesté devant les tribunaux par deux propriétaires d’armes à feu qui se sont vu refuser des permis et une branche de l’Agence du revenu national.

Auto défense

La NRA préconise une lecture littérale du deuxième amendement à la Constitution des États-Unis.

Ratifiée en 1791, elle stipule qu'”une milice bien organisée, qui est nécessaire à la sécurité de l’État libre, le droit du peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas violé”.

En 1939, la Cour suprême a statué qu’il protégeait le droit d’utiliser des armes dans le cadre des forces de l’ordre, telles que l’armée ou la police, mais qu’il ne s’agissait pas d’un droit individuel à l’autodéfense.

Elle changea de position dans une décision historique en 2008 et institua pour la première fois le droit de posséder une arme dans sa maison d’autodéfense.

Cependant, il a laissé aux villes et aux États le soin de réglementer le transport hors domicile, de sorte que les règles varient considérablement d’un endroit à l’autre.

Le verdict de jeudi met fin à cette liberté en lapidant dans le marbre le droit de porter des armes.

La première étape consiste à renverser des lois similaires à celles de New York qui sont en vigueur dans d’autres États, y compris certains très peuplés comme la Californie ou le New Jersey.

D’autres restrictions, qui sont principalement en place dans les démocraties, peuvent être contestées devant les tribunaux dans le cadre de ce nouveau cadre juridique.

Près de 400 millions d’armes étaient en circulation parmi la population civile aux États-Unis en 2017, soit 120 armes à feu pour 100 personnes, selon le Small Arms Survey.

L’année dernière, plus de 20 000 meurtres par arme à feu ont été enregistrés dans les archives de la violence armée.