Marche de la Conférence nationale des femmes, novembre 1977, à Houston, Texas. GREG SMITH / AP
FRANCE 5 – DIMANCHE 26 JUIN À 22H40 – DOCUMENTAIRE
Annette Levy a 21 ans en mai 68. Mais la jeune féministe déchante vite. Dans les manifestations, les garçons criaient “Reculez, les filles ! Ce sont eux qui écrivent l’histoire, pas eux. Cela ne peut pas continuer.
Ainsi, avec ses amies qui avaient lu Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir, elles fondent le Mouvement de libération des femmes (MLF). Pour défendre le droit à l’avortement et lutter contre l’ancien patriarcat. Comme l’American Women’s Library (pour le Women’s Liberation Movement), qui est tellement en avance : les femmes y ont le droit de vote depuis 1920 et l’accès aux pilules depuis 1960. Plutôt alléchant…
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De plus, après avoir quitté un cours de dactylographie où son père l’inscrit, Annette et ses amies Naja, Mariel, Cathy et Lillian décident de partir en mai 1971 passer un été aux États-Unis pour traverser l’État de Washington à San. Francisco dans un bus scolaire et rencontrez leurs “sœurs” dans le combat.
Un parcours très personnel
Celle qui est devenue la journaliste et écrivaine Annette Lévy-Willard déroule un parcours très personnel, raconté à la première personne par la voix claire de la comédienne Léonie Simaga. A l’aide de nombreuses archives (dont les siennes, originales) et d’une bande son qui place fièrement Janice Joplin et ce qu’elle appelle “la rock star de Woodstock”, Country Joe – le spectateur comprendra plus tard cette attitude préférentielle – Il nous a effectivement téléportés dans l’ambiance des années 70 du siècle dernier, y compris les arômes de la marijuana.
Le film n’est pas là pour éclairer certains moments historiques, comme les origines de MLF, mais pour témoigner des doutes et de l’évolution intellectuelle d’une jeune femme, avec une fraîcheur et une franchise bienvenues. La déception n’est pas évitée. Qu’elle soit mécanique, sentimentale (de son copain parisien à Roberto et sa grosse moto) ou idéologique. Et là, le film devient carrément captivant.
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Partir à la découverte d’expériences radicales – libération sexuelle, lutte anti-sexiste – pour que les amis se rendent compte qu’ils n’ont pas la même idée du radicalisme que la libido des femmes. Quand ces derniers critiquent leurs jambes rasées ou annoncent que les hommes doivent être amaigris, Annette ne cache pas son incompréhension. Plus tard, à Chicago, elle se demande : « Quelle sorte d’émancipation pour les non-lesbiennes ? Et il décide : « Votre libération sexuelle n’est pas la nôtre. »
Des séjours plus ou moins longs dans différentes communautés sont aussi une source de surprises. Si certains membres semblent appliquer le slogan “Profitez sans entraves” au-delà des soixante-huit interdictions, à Salt Lake City les mormons polygames suivent des règles bien différentes quand dans l’Amérique conservatrice les homosexuels sont encore persécutés… A San Francisco, le troisième groupe de Berkeley sera finalement le bon. Annette y pose ses valises et “simplifie la vie” – une bonne façon de dire qu’elle ne porte plus de maquillage ni de soutien-gorge.
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L’été durera donc quatre ans. Un parcours formateur qui décidera du choix de la jeune Annette de devenir journaliste et soufflera un vent de liberté salvateur lorsque, un demi-siècle plus tard, le droit à l’avortement sera remis en cause par la Cour suprême des États-Unis. Uni. “Rien n’est jamais acquis”, a déclaré Beauvoir.
L’été de la révolution, d’Annette Levy-Willard et Anne Richard (2022, fr., 52 minutes). Dans la voix de Leoni Simaga.
Catherine Packari
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