Nouveaux cas en France
Le nombre de cas diagnostiqués en France augmente. Au 28 juin 2022, 440 cas ont été confirmés : 312 en Ile-de-France, 30 en Occitanie, 29 en Auvergne-Rhône-Alpes, 21 en Nouvelle-Aquitaine, 16 en Provence-Alpes-Côte d’Or, 16 en Hauts-de-France, sept en Normandie, trois en Bretagne, trois en Grand-Est, un en Centre-Val-de-Loire, un en Bourgogne-Franche-Comté et un en Pays-de-la-Loire, explique Santé publique France (SPF). Sur les 399 cas confirmés au 27 juin 2022, 358 étaient en cours d’investigation, cinq n’étaient pas disponibles ou ont refusé de répondre au questionnaire et 36 étaient en cours d’investigation. Les cas adultes confirmés au 22 juin 2022 étaient âgés de 19 à 71 ans (âge médian : 35 ans). Parmi les cas étudiés, 74 % présentaient une éruption cutanée dans la région génito-anale, 72 % une éruption cutanée sur une autre partie du corps, 70 % de la fièvre et 72 % une lymphadénopathie (inflammation des ganglions lymphatiques). Parmi les cas investigués, treize concernaient des personnes immunodéprimées ; il n’y a pas eu de morts. Comme dans d’autres pays européens et comme indiqué dans les précédents bulletins français, ces cas sont survenus principalement, mais pas exclusivement, chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), sans contact direct avec des personnes revenant d’une zone d’endémie. La plupart des cas ont signalé plusieurs partenaires sexuels. La plupart des cas enquêtés disent ne pas pouvoir identifier la personne qui les aurait infectés ; ce qui est une difficulté dans la stratégie de vaccination réactive, qui vise à vacciner les contacts pour prévenir l’apparition de la maladie et son éventuelle transmission à d’autres. Parmi les cas enquêtés, 81 avaient voyagé, résidé ou travaillé à l’étranger avant l’apparition des symptômes, certains d’entre eux dans plusieurs pays différents : 43 voyages ont été signalés en Espagne, neuf en Belgique, six en Allemagne, cinq au Royaume-Uni. etc. Ces déplacements ne représentent pas systématiquement l’origine de la pollution. Jusqu’à présent, le monkeypox n’a touché que les adultes. Le premier cas a été confirmé chez un enfant, élève du primaire en Ile-de-France, en juin. L’enfant est pris en charge et “ne présente aucun signe grave”, a indiqué l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France, qui a signalé le cas (24 juin). Dans un communiqué partagé sur les réseaux sociaux, l’ARS précise que ses équipes et celles de Santé publique France “ont immédiatement ouvert des investigations pour remonter au plus vite la chaîne de contacts de l’enfant”. “Un cas probable a été identifié dans la même fratrie (mais pas encore confirmé). Des mesures ont été prises auprès de l’Éducation nationale et un message a été envoyé aux parents d’enfants qui sont en contact à risque à l’école fréquentée par l’enfant, et ces derniers doivent surveiller notamment l’apparition de symptômes (température, éruption cutanée) et signaler les compléter en urgence par l’ARS.
Pas encore une urgence de santé publique
Quel statut accorder à l’épidémie de monkeypox sur l’échelle de gravité des problèmes de santé ? L’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est penchée sur cette question ces dernières semaines et a rendu une décision provisoire. Son chef, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a expliqué (25 juin) que l’institution considérait l’épidémie mondiale de monkeypox comme une menace sanitaire dont l’évolution est très alarmante, sans pour autant atteindre le stade d’une “urgence sanitaire mondiale”. Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion d’experts (23 juin) dont l’objectif était de savoir si l’OMS devait activer son plus haut niveau d’alerte face à l’épidémie, qui touche principalement l’Europe occidentale. Comme le rappelle l’AFP, une augmentation des cas de monkeypox a été détectée depuis début mai, loin des pays d’Afrique centrale et occidentale, où la maladie est endémique depuis longtemps. Plus de 3 413 cas confirmés et un décès ont été signalés à l’OMS dans une cinquantaine de pays où la maladie n’est pas endémique. « Par ailleurs, depuis le début de l’année 2022, près de 1.500 cas suspects et environ 70 décès ont été signalés en Centrafrique, principalement en République démocratique du Congo, en République centrafricaine et au Cameroun, a rappelé (23 juin) Tedros Adhanom Ghebreyesus. . Certes, l’institution se dit inquiète “par l’ampleur et la vitesse de propagation de l’épidémie actuelle”. Le fait est que l’institution ne veut pas réagir tardivement, puisqu’elle est accusée du Covid-19. Certains experts estiment que l’OMS, sous la pression de la Chine, a trop tardé à rendre compte de l’urgence Covid. Cette fois, l’OMS a appelé les pays dès le 23 juin à la “vigilance” et à la “transparence” face à cette rare et nouvelle épidémie de monkeypox dans le monde. Et l’OMS de préciser, juste pour être clair : “Dans d’autres épidémies on a parfois vu les conséquences du manque de transparence des pays, du manque de partage d’informations.”
Un appel à la vigilance mondiale
“Nous avons besoin que tous les pays restent vigilants et renforcent leurs capacités pour prévenir la transmission du virus du monkeypox. Il est probable que de nombreux pays auront manqué des occasions d’identifier des cas, y compris des cas qui n’ont pas voyagé récemment”, a déclaré le chef de l’OMS. L’institution estime probable que le nombre réel de cas de monkeypox soit plus élevé et estime que le virus devait déjà circuler avant l’épidémie actuelle – peut-être depuis 2017. Depuis 2017, quelques cas importés ont été sporadiquement identifiés, notamment en provenance du Nigeria. de nombreux pays. “Nous ne nous attendions pas à avoir un si grand nombre de cas. Et c’est un peu difficile de voir quelle est la pointe de l’iceberg”, notamment à cause d’un dépistage difficile, a expliqué à l’AFP Philip Dunnetton, directeur exécutif d’Unitaid, une organisation qui aide les pays à faible revenu à prévenir, diagnostiquer et traiter la maladie. “Il n’y a pas de tests faciles à utiliser pour vérifier. Cela se fait essentiellement cliniquement. Et donc un enjeu important est d’avoir des tests qui soient clairement plus précoces et qui permettent de détecter les cas, notamment les cas contacts”, a-t-il expliqué.
De plus, l’OMS a supprimé (18 juin) dans ses statistiques sur le monkeypox la distinction entre les pays endémiques (où la maladie est persistante) et les pays non endémiques pour mieux « égaliser » la réponse au virus. Et de préciser: “Nous supprimons la distinction entre pays endémiques et non endémiques et présentons les pays ensemble chaque fois que possible pour refléter la réponse unifiée nécessaire”, a déclaré l’OMS dans son bulletin d’information du 17 juin. ; et ceci pour éviter le sentiment d’une épidémie à deux vitesses. Selon les données internationales (source OMS au 27 juin 2022), la région européenne est au centre de la propagation du virus avec 2 933 cas confirmés, soit 86 % du total mondial. Viennent ensuite les Amériques (381 cas, 112 %), suivies de l’Afrique (73 cas, 2 %) et des régions de la Méditerranée orientale (15 cas) et du Pacifique occidental (11 cas). Un décès a été signalé au Nigéria en 2022. En Europe, les pays les plus touchés sont la Grande-Bretagne (793 cas), l’Allemagne (521 cas), l’Espagne (520 cas), la France (voir ci-dessus), le Portugal (317 cas), les Pays-Bas (167 cas), Italie (85 cas), Belgique (77 cas), etc. Il y a un autre recensement; produit par le CDC (Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies). Il mentionne (données au 24 juin) un total de 4 357 cas confirmés, dont 910 au Royaume-Uni, 765 cas en Allemagne, 736 cas en Espagne, plus de 330 cas en France, 365 au Portugal, 257 aux Pays-Bas, etc.
Nouveau nom?
L’OMS envisage sérieusement de changer le nom de la maladie. Il serait même urgent de le faire, a expliqué l’institution, puisque les médias francophones parlent de “monkey pox”, pensant traduire correctement ce que les anglophones appellent Monkey pox. Un article de blog de Mark Gozlan sur Biomedical Realities examine cela en détail (16 juin). “Nous annoncerons les nouveaux noms dès que possible”, a déclaré le directeur général de l’institution, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d’une conférence de presse. Le but est d’être plus précis, notamment d’un point de vue scientifique, sans semer la panique. Il s’agit avant tout d’éviter les confusions du grand public, qui peuvent être préjudiciables à la compréhension de l’information et à la perception objective de la maladie et des risques qui y sont associés.
Vaccination des cas confirmés
Le ministère de la Santé a demandé à la Haute Autorité de Santé (HAS) de préciser la stratégie vaccinale à mettre en œuvre dans un cas contact de monkeypox pour deux groupes de population : les personnes vaccinées pour la première fois, c’est-à-dire les vaccinés dans l’enfance contre la variole, et les enfants. Ainsi, dans un avis, la HAS recommande l’administration d’une dose de vaccin aux personnes à risque contact et vaccinées contre la variole avant 1980, à l’exception des personnes immunodéprimées pour lesquelles trois doses sont recommandées. Dans un communiqué, la HAS explique que la vaccination préventive contre la variole chez l’homme était obligatoire en France jusque dans les années 1980 (1979 pour la primovaccination, 1984 pour…
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