Ma fille va au cégep, dois-je garder le REEE familial? Et vu la pénurie de logements, peut-il acheter un appartement à 17 ans ?
Posté à 6h00
Isabel Dubé Presse
Situation
La vie change lorsqu’on devient étudiant au cégep et parfois celle de la famille doit s’adapter. C’est le cas de Léa*, 17 ans, qui va devoir quitter le nid familial. Sa mère, Karin*, détient un Régime enregistré d’épargne-études (REEE) familial pour ses trois enfants âgés de 10, 13 et 17 ans.
“Je me demandais si je pouvais faire des retraits REEE pour ma fille tout en continuant à cotiser pour les deux autres enfants”, a écrit Karin par e-mail. Qu’est-ce qui affectera les subventions? Le REEE devrait-il être distinct? »
Le REEE familial est actuellement de 41 000 $. Karine prévoit verser 2 500 $ par enfant par année jusqu’à ce qu’elle atteigne la fin de l’âge de la subvention.
Cette mère célibataire de 40 ans veut aussi être la plus juste possible envers ses trois enfants. Comment doit-il gérer les retraits ?
Avec cette entrée au cégep, une autre préoccupation se pose, celle du logement.
Comme les logements locatifs sont rares, je me demandais s’il serait possible et souhaitable pour elle d’acheter, à 17 ans, un appartement, disons un 2 chambres sain et abordable que l’on pourrait trouver près de la ligne verte du métro à Montréal. Hochelaga-Maisonneuve. Elle peut louer la deuxième chambre.
Karine
« Au lieu de payer un loyer pour la durée de ses études, poursuit-elle, je lui prêterais la mise de fonds minimale et les frais initiaux, puis j’effectuerais les paiements pour la durée de ses études. Un an après la fin de ses études, on peut supposer qu’elle me rendra les acomptes, répartis selon ses capacités financières ou si elle décide de vendre l’appartement. »
Le père paiera la moitié du loyer normal de la chambre, soit 250 $ par mois.
Dans cette situation, est-ce que l’utilisation d’un CELI (Compte d’Épargne Première Habitation Libre d’Impôt) serait une bonne idée ? Elle demande.
Nombres
Karine, 40 ans
- Revenu annuel : 91 000 $, incluant les allocations familiales
- REER : 84 000 $
- RVER : 9 000 $
- CRI : 51 000 $
- CELI : 24 000 $
- Compte d’épargne : 20 000 $
- Valeur de la propriété : 300 000 $
- Hypothèque : 150 000 $
- Frais de subsistance : 45 000 $
- REEE familial : 41 000 $
- Prix approximatif de l’appartement : 300 000 $
- Acompte estimé : 15 000 $
Léa, 17 ans
- Revenu annuel : 8 000 $
une analyse
PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE
André Lacasse, planificateur financier chez Services financiers Lacasse
André Lacasse, planificateur financier chez Services financiers Lacasse à Saint-Hubert, en banlieue de Montréal, conseille sans hésitation de scinder le REEE familial en trois régimes individuels.
«Dans les autres provinces, ce n’est pas un problème, mais au Québec, il faut l’éviter», dit-il.
Il y a une subvention fédérale de base de 20 % et une subvention provinciale de 10 %. Avant de payer la contribution du Québec, les fonctionnaires vérifient la contribution nette pour l’année.
Si vous retirez 2 500 $ pour l’enfant qui fréquente le cégep et cotisez 2 500 $ pour le plus jeune, le montant net est nul. Vous perdez votre subvention.
André Lacasse, planificateur financier chez Services financiers Lacasse
Revenu Québec est déjà conscient de ce problème.
Si Karine décidait de ne plus contribuer aux autres enfants, la question ne se poserait pas. Mais elle compte bien continuer.
Lorsque les REEE sont individuels, ils peuvent être transférés entre frères et sœurs lorsque quelqu’un décide de quitter l’école secondaire.
Le planificateur conseille également aux parents de diviser le REEE en trois parts égales. Avec les fluctuations des placements, il peut arriver que l’enfant ait un montant plus important, mais lorsque les REEE sont fermés, tout peut être revu et équilibré, assure André Lacasse.
Au moment du retrait, il faut faire attention à la question fiscale, prévient l’expert. « Au Canada, vous ne payez aucun impôt sur les premiers 16 000 $ de revenu. À moins que l’enfant ne gagne un gros salaire, il peut facilement en prendre un peu plus. Parce que si j’économise 20 000 $ pour le dernier et qu’il ne va pas à l’école, les bourses seront perdues. »
“Lorsque l’enfant n’a pas travaillé pendant une année entière, cela vaut la peine de retirer une bonne somme d’argent en lui expliquant qu’une partie de l’argent appartient à ses frères et soeurs”, suggère André Lacasse.
Le capital n’est pas imposable.
Avant de contracter une nouvelle hypothèque…
Le planificateur financier note que Karine a de très bonnes habitudes d’épargne. Cependant, elle n’a pas de régime de retraite à prestations déterminées. “Avant de s’engager dans une autre hypothèque, ce serait une bonne idée de voir son planificateur financier pour déterminer le montant qu’elle doit mettre à la retraite”, conseille-t-il.
Elle devrait également prendre la peine de bien calculer son budget, en notant chaque dépense. Le site de l’Autorité des marchés financiers (AMF) propose un outil qui vous sera très utile.
Quant au CELIAPP, nouveau programme de financement de l’achat d’un premier logement, qui sera proposé à partir de 2023, les modalités détaillées ne sont pas publiées. Cependant, nous savons que les Canadiens de 18 ans et plus pourront déposer 8 000 $ par année pendant cinq ans.
Cependant, il s’agit d’un programme qui, comme un REER, vous permet de réduire l’impôt que vous devez lorsque vous produisez votre déclaration de revenus.
« Un étudiant gagnant 8 000 $ ne recevra pas de remboursement d’impôt CELIAPP », précise André Lacasse. À partir du moment où une personne gagne 50 000 $, elle récupère 37,12 %, ça commence à valoir le coup. »
Appartement ou location
Leah, 17 ans, devrait-elle acheter un appartement au lieu de louer un appartement ?
“Acheter quand on est mineur, c’est compliqué”, explique André Lacasse.
Premièrement, une banque ne prêtera pas d’argent à quelqu’un qui a un revenu annuel de 8 000 $. Pour être propriétaire, son tuteur doit signer l’acte de vente. Par conséquent, mère et fille risquent la copropriété.
Un jour, la mère devra vendre sa moitié de l’appartement à sa fille et devra payer l’impôt sur la plus-value car ce n’est pas sa résidence principale.
“Lors de l’achat, il y a des frais de notaire pour l’hypothèque et le contrat. Là encore, il y aura des frais de notaire pour le transfert afin d’annuler l’ancienne hypothèque et d’en faire une nouvelle au nom de la fille uniquement. Quand la fille vendra, il y aura quand même des frais à payer », souligne André Lacasse.
“C’est moins compliqué et moins cher d’attendre jusqu’à 18 ans.”
L’autre élément important à considérer est le nombre d’années qu’elle compte garder l’appartement. A 17 ans, qui sait où le destin le mènera à la fin de ses études. Y aura-t-il un poste juste à côté de votre appartement ou dans une autre ville ?
Lorsque vous achetez et vendez après trois ans, vous n’avez pas le temps d’amortir le coût initial, sauf si vous avez de la chance et que la valeur augmente énormément.
André Lacasse, planificateur financier chez Services financiers Lacasse
“En plus de l’aspect émotionnel, il faut considérer l’aspect financier”, explique André Lacasse.
Pour aider Karine et Léa à prendre une décision, le planificateur financier leur suggère d’utiliser l’outil AMF et d’inscrire les bons chiffres. Ils sauront s’il est préférable d’acheter ou de louer.
« S’il pouvait trouver un emploi permanent à côté de l’appartement à la fin de ses études, cela en vaudrait la peine. Mais à 17 ans, vous ne savez pas ce qui va se passer. »
* Bien que le cas mis en évidence dans ce…
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