POLITIQUE – A la recherche de la majorité perdue. Olivier Veran a assuré ce lundi 4 juillet le compte rendu du premier Conseil ministériel du gouvernement de Bornéo II, annoncé quelques heures plus tôt. Une équipe “battante” pour “avancer dans le sens de l’intérêt commun”, selon les mots du nouveau porte-parole du gouvernement, et dégoter les appuis nécessaires à l’adoption des textes à l’assemblée.
L’ancien ministre de la Santé, qui est sous le feu des projecteurs après avoir dirigé la communication de l’exécutif au plus fort de la crise du Covid-19, a profité de ce premier rendez-vous avec la presse pour en dire plus sur la stratégie du gouvernement dans les mois à venir. Puisque la “majorité relative” à l’Assemblée nationale “ne permet pas” à l’exécutif de voter tous ses projets de loi “sous aucune condition”, le travail se fera “texte par texte”, a-t-il dit et donc confirmé, comme vous pouvez le voir dans la vidéo au début de l’article.
La main tendue (mais ferme)
C’est en effet l’une des leçons de ce remaniement : Emmanuel Macron et Elizabeth Bourne ont échoué à former une équipe capable de faire bouger les lignes au palais Bourbon. “Il convient de constater le manque de volonté du pouvoir à participer à un accord de gouvernement”, a tenu à lancer le chef de l’Etat à l’ouverture du Conseil des ministres lundi, alors que les caméras étaient autorisées. prendre des photos. Alors pour cette nouvelle ère, les majorités devront se construire au cas par cas en marge du Parlement.
Olivier Véran préconise des “consultations” avec “des oppositions constructives qui veulent travailler” et non celles tentées de “refaire les élections”. Un coup de poing à peine voilé visant une partie des élus de gauche ou de l’Assemblée nationale, dont certains remettent parfois en cause la légitimité du locataire de l’Elysée et de l’exécutif.
Il y aura sans doute moins de textes et ces textes seront sans doute plus courts.” Olivier Verand, Porte-parole du Gouvernement
“La main a été tendue avec bonne volonté”, a-t-il expliqué ce lundi soir, tout en prenant soin de rappeler que les discussions se baseront sur le programme d’Emmanuel Macron. Car les Français, dit-il, “ont fait confiance au projet présenté par le président de la République et par la majorité présidentielle, donc ce projet, nous voulons le réaliser”.
Concrètement, le nouveau porte-parole du gouvernement, également en charge du « Renouveau démocratique », parle de réformes forcément moins nombreuses et se prépare d’une autre manière. “Si on veut travailler texte par texte et obtenir des majorités, il y aura sans doute moins de textes et ces textes seront sans doute plus courts”, a-t-il prévenu, comme vous pouvez le voir ci-dessous, pour “trouver plus facilement un ‘consensus'”.
Concrètement, Elizabeth Bourne et son ministre de liaison parlementaire, Frank Rister, doivent trouver les minuscules quarante voix qui les séparent de la majorité absolue à chaque vote de l’Assemblée. Ou de compter sur l’abstention de la part de l’opposition… qui s’annonce là encore âprement négociée.
Et Michel Rocard ?
En attendant, le gouvernement veut se montrer à la hauteur. Olivier Véran a notamment évoqué les projets de loi sur le futur pouvoir d’achat ou l’épidémie de Covid-19, espérant des “avis favorables” de l’opposition. “J’ai du mal à voir qui s’y opposerait”, a-t-il encore dit, énumérant les mesures du portefeuille du ménage, “convaincu que personne n’a intérêt à bloquer le pays, ce n’est pas le message des Français”.
“Les textes apporteront l’assentiment favorable de la gauche, d’autres de la droite”, espère l’ancien ministre de la Santé, pour qui la situation n’est pas si exceptionnelle. “Je ne crois pas que le gouvernement Rocard ait été impuissant”, a-t-il notamment répondu à un journaliste qui l’interrogeait sur le poids (limité) de la nouvelle équipe autour d’Elizabeth Bourne. Façon de minimiser les choses.
Comme le socialisme en 1988, le nouveau locataire de Matignon est l’un des seuls de l’histoire de la Ve République à ne pas disposer de la majorité absolue à l’Assemblée nationale. Elle est aussi l’une des rares à ne pas se risquer à demander la confiance des députés.
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