France

Les marchés boursiers sont sous le choc du risque de récession

Publié le 5 juillet 2022 à 16 h 07 Mis à jour le 5 juillet 2022 à 16 h 18

Malgré l’arrivée de l’été, la tempête boursière ne montre aucun signe d’apaisement. Les marchés boursiers européens ont prolongé leurs pertes mardi après leur pire premier semestre depuis des décennies, plombés par les craintes que l’économie ne glisse en récession.

A Paris, le CAC 40 a chuté de plus de 2,5% en début d’après-midi pour tomber à son plus bas niveau de l’année, sous les 5.800 points. L’indice parisien est désormais en baisse de plus de 21% par rapport à son plus haut historique atteint le 5 janvier.

Problèmes d’approvisionnement en gaz

Les investisseurs observent avec inquiétude le marché du gaz naturel en Europe. Alors que la Russie menace toujours de fermer le robinet du Vieux Continent, la situation en Norvège, deuxième fournisseur de gaz naturel de l’Europe, est désormais préoccupante. La grève qui a débuté mardi pour exiger des salaires plus élevés pourrait entraîner une réduction de 60 % des exportations norvégiennes.

Par conséquent, le prix du gaz naturel continue d’augmenter sur les marchés. Il a plus que doublé depuis début juin pour atteindre 170 euros par mégawattheure sur les contrats à terme néerlandais. Pour les entreprises et les consommateurs, la facture continue d’alourdir à des niveaux menaçant de plonger l’économie européenne dans la récession.

Craintes de récession

Outre le risque d’assèchement d’une des principales sources d’énergie du Vieux Continent, les signaux négatifs pour l’économie se multiplient. Les ventes de voitures neuves ont encore chuté de 18 % en glissement annuel en Allemagne en juin. Les indicateurs économiques avancés pointent de plus en plus vers un net ralentissement de l’activité. Le PMI composite des directeurs d’achat est ressorti en juin à son plus bas niveau depuis 16 mois en Europe.

“Les dépenses des ménages en biens et services non essentiels ont faibli sous la pression de la hausse des prix, tandis que les dépenses et les investissements des entreprises ont également diminué dans un contexte de sombres perspectives et de resserrement des conditions financières”, a déclaré Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global Market Intelligence. L’Europe pourrait être en récession dès le troisième trimestre, estime-t-il.

Les investisseurs cherchent refuge

Les analystes commencent tout juste à intégrer le risque de récession dans leurs prévisions. Depuis début juin, le nombre de révisions à la baisse a dépassé les estimations de hausses, selon l’indice Citigroup. Mais le consensus pointe toujours vers une solide progression des bénéfices sur l’année, une perspective jugée de moins en moins crédible par les investisseurs.

Face au spectre de la récession, les investisseurs se réfugient plutôt dans les obligations d’État, considérées comme plus sûres lorsque l’économie vacille. Un signe clair que les inquiétudes concernant un ralentissement économique ont pris le pas sur les risques liés au resserrement de la politique monétaire des banques centrales. Les rendements des obligations d’État européennes – qui évoluent dans le sens inverse des prix – ont fortement chuté mardi. Le taux à 10 ans de la France a chuté de 10 points de base à 1,80 %, tandis que celui de l’Allemagne est repassé sous 1,20 %.