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Parti Québécois : Veronica Hivon quitte la politique

Avocate de formation, Veronica Hivon représente Joliet, sa ville natale, depuis le 8 décembre 2008. Depuis mon premier choix, je me lève chaque matin avec un premier souhait : justifier la confiance que les gens d’ici m’accordent.

Après une longue et profonde réflexion, j’ai pris la difficile décision de ne pas briguer un cinquième mandat à l’automne prochain, a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse.

Sa décision n’a rien à voir avec les élections partielles tenues dans Marie-Victor le 11 avril dernier, a-t-elle ajouté. Cette circonscription, bastion du Parti québécois (PQ), a fui ce parti qui n’a obtenu que 17 % des suffrages. Le jouet CAQ Shirley Dorismond a été choisi.

Veronica Hivon affirme avoir pris sa décision et informé son chef Paul Saint-Pierre Plamondon quelques semaines avant le résultat du vote dans Marie-Victor. Cependant, elle ne l’a pas dit publiquement, afin de ne pas créer d’éventuelles interférences dans la campagne que nous menions.

Selon les sondages d’opinion, le Parti québécoisPQ se bat pour d’autres formations politiques, mais Veronica Hivon confirme que son départ n’a rien à voir avec la situation. Les sondages ne m’ont jamais fait peur, dit-elle en souriant. De plus, lors de la dernière élection, j’en ai fait coucher certains ici même à Joliet.

“La politique fonctionne. C’est un moteur de changement exceptionnel. »

– Citation de Veronica Hivon, députée de Joliette

Interrogée sur ce qu’elle pense que sera l’avenir du Parti Québécois, la députée a répondu : Ce qui est formidable avec le Parti Québécois PQ, c’est qu’il ne s’agit pas d’un parti d’un seul homme. […] C’est un parti basé, des rebelles et des combattants ; […] c’est une fête du monde, pour le monde.

S’abstenir de porter des lunettes roses ; tout le monde voit la réalité, Veronica Hivon estime qu’il y a une nouvelle génération dans ce parti, composée de personnes ayant des convictions, des causes et des idéaux.

La prochaine campagne électorale pourrait être un grand révélateur, a-t-elle prédit, citant entre autres les candidats Alexis Deschen, Stefan Handfield, Camille Pelerin Forget, Sandrine Michon… Vous les retrouverez, a déclaré la députée sortante, rappelant qu’elle-même n’était pas connue à le tout en 2008, lorsqu’elle s’est engagée en politique : Les gens ne savaient pas qui j’étais.

« Le Parti Québécois a le meilleur projet, qui est l’indépendance du Québec. Mais nous avons un défi à relever pour le relier aux priorités et aux problèmes de la vie quotidienne des gens. »

– Citation de Veronica Hivon, députée de Joliette

Veronica Hivon roule dans la ville natale de Joliet depuis le 8 décembre 2008.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Une carrière riche en réalisations

Au cours de ces 14 années à l’Assemblée nationale, Veronica Hivon est heureuse d’avoir participé à de nombreuses réalisations sociales.

Elle cite la création récente de tribunaux spécialisés pour les violences sexuelles et domestiques ; la première politique des sans-abrisme ; l’égalité de traitement des parents adoptifs; ou l’augmentation du délai de prescription pour les affaires civiles impliquant des agressions sexuelles.

Tout cela, sans oublier ce qu’est aujourd’hui la loi sur les soins de fin de vie, un dossier dans lequel Veronica Hivon a joué un rôle crucial.

Comme elle se souvient, elle était dans l’opposition lorsqu’elle a « quitté » pour la première fois la Commission Dying with Dignity. Moi, l’opposition, j’y ai trouvé mon compte, dit-elle.

En 2012, alors qu’elle était ministre dans le gouvernement de Pauline Maroa, elle dépose un projet de loi sur les soins de fin de vie. Décédé sur le papier de l’ordre au moment du déclenchement des élections anticipées, le projet de loi est finalement voté en juin 2014 par le gouvernement libéral de Philippe Cuyar. Veronica Hivon était co-auteur avec le ministre Gaetan Barrett.

Mme Hivon a été ministre de la Région de Lanodier et ministre déléguée aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse. Elle a également été nommée vice-chef du Parti québécoisPQ lors de la campagne électorale de 2018.

Ce n’est pas une vie normale

Veronica Hivon dit qu’elle n’a rien sur son écran et refuse de s’engager dans un quelconque projet pour le moment.

A terme, elle entend mettre à profit son expérience et son envie de changer les choses d’une autre manière. Car sa flamme et sa combativité sont toujours présentes.

Mais d’abord, elle veut trouver un espace de liberté et un espace de normalité.

Vous savez, la vie politique n’est pas une vie normale, a-t-elle décrit. Vous vous levez le matin, vous devez lire quatre ou cinq journaux et immédiatement penser à ce que vous allez répondre. […] Parfois l’article est à peine terminé, disant qu’on vous a demandé une réaction. J’ai besoin d’un meilleur équilibre entre l’action, qui me stimule beaucoup, et la réflexion.

Et elle promet de continuer : je reprends le titre, que je n’ai jamais perdu, mais avec plus de force ; le plus beau titre du Parti Québécois, qui est celui d’un militant.

Cotisation énorme

“En s’élevant, quand c’est nécessaire, au-delà des fameuses lignes de guérilla, on peut accomplir beaucoup de choses, surtout si on reste fidèle à soi-même”, a déclaré Veronica Hivon, qui a dit apprécier chaque minute passée en politique.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Dans un communiqué, le Parti Québécois a salué la grande contribution de Veronica Hivon, ainsi que le fait qu’elle a réussi à être une députée actuelle, dévouée et humaine, défendant les gens de Joliet avec passion et persévérance.

Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, a dit que c’était un véritable outil contre le cynisme environnemental. Pour le chef parlementaire du Parti québécoisPQ, Joël Arseno, Veronica Hivon était une figure inspirante, notamment parce qu’il maîtrisait l’art de rassembler les gens et de trouver le compromis parfait.

Sur Twitter, l’annonce du départ de Veronica Hivon a suscité beaucoup de réactions dans la classe politique québécoise.

C’est une femme brillante et passionnée, écrit le Premier ministre François Lego. Merci Veronica pour votre contribution à la fonction publique et à votre réussite future!

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, qui dit avoir travaillé sur de nombreux dossiers avec elle, maintient sa volonté de trouver des solutions et de contribuer au débat avec sincérité.

Veronica Hivon est une grande dame, selon le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominic Anglad. C’est une femme de cœur, c’est une femme déterminée qui a soutenu des causes sociales tout au long de sa carrière.

La députée libérale de Saint-Laurent, Marva Rizzi, dit espérer que l’Assemblée nationale saura reconnaître l’apport de cette dernière et la méthode hivoniste.

La députée Mercier Solidarité Ruba Ghazal l’a remerciée pour son humanisme et son héritage.

La députée québécoise des Laurentides-Labelle, Marie-Ellen Godreau, affirme que Veronica Hivon peut être fière de son héritage.