Le manifestant du vaccin François Amalega Bitondo, emprisonné depuis la mi-janvier pour ses nombreuses tentatives d’approcher le Premier ministre pour lui faire part de son point de vue sur la gestion de la pandémie, a été acquitté jeudi de deux chefs d’accusation d’entrave au travail de la police et de non-respect d’une ordre de paix pour un événement qui a eu lieu à Shauinigan en novembre 2021.
Posté hier à 20h29
Tristan Pelokin La Presse
L’accusé, un ancien professeur de mathématiques au Collège Jean-de-Brébeuf, qui se représente désormais après avoir remercié son avocat, ne devrait pas être libéré immédiatement, car il attend toujours sa condamnation dans une affaire similaire pour deux manifestations violentes. le magasin Canadian Tire de Joliet, en juillet 2021. Le verdict dans cette affaire sera rendu en mai prochain.
Dans l’affaire Shauinigan, qui a été exceptionnellement tranchée par le juge Simon Ricard vers 19 heures ce jeudi, M. Amalega Bitondo a été accusé par la Couronne d’avoir tenté d’approcher le premier ministre François Lego lorsqu’il est arrivé pour faire un discours au Centre Desjardins lorsqu’un policier lui a demandé de se retirer pour des raisons de sécurité. Cependant, si M. Amalega Bitondo “n’avait pas le droit absolu” de s’adresser au Premier ministre, “les directives de la police auraient pu être plus claires”, a déclaré le juge Ricard.
“Jamais [M. Amalega Bitondo] franchi la frontière imaginaire “établie par la police”. Le magistrat a conclu que l’accusé n’avait pas l’intention d’entraver le travail de la police lorsqu’il a tenté de s’approcher du premier ministre après que ce dernier soit passé devant lui et se trouvait déjà loin de lui.
Le juge a souligné que rien dans le comportement de M. Amalega Bitondo ne laissait penser qu’il représentait un risque élevé pour le Premier ministre. “C’est un homme qui parle calmement, qui a une pensée très organisée et un discours coordonné. Ce n’est pas un gentleman perdu », a déclaré le juge, soulignant toutefois que l’évaluation n’approuvait pas les opinions politiques de M. Amalega Bitondo.
A la suite de cette arrestation, M. Amalega Bitondo a été soumis à des conditions de libération plus strictes, qui lui interdisaient notamment de « pénétrer à moins de 300 mètres du Premier ministre ». Quelques semaines plus tard, il est de nouveau arrêté devant le studio de Radio-Canada alors que le premier ministre se rend à une entrevue à Tout le monde en parle. Il a également été acquitté en mars dernier des allégations de non-respect des conditions qui ont suivi, face à une “absence totale de preuves” que M. Amalega Bitondo avait bien “pénétré” à moins de 300 mètres du Premier ministre. Le juge Denis Galiatzatos a déclaré la prison de janvier avait provoqué un “frisson dans la colonne vertébrale”.
“On ne garde pas les gens en prison juste parce qu’on les trouve fatigants, dérangeants. Et surtout, et c’est triste de le rappeler, nous ne gardons pas des citoyens en prison simplement parce qu’ils sont peut-être contre les décisions du gouvernement. [ou] qu’ils ont osé exprimer leur désaccord avec des lois ou des mesures », avait déclaré à l’époque le juge Denis Galiatzatos.
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