France

Paris repense de A à Z son principal projet urbain, le futur quartier Bercy-Charente

A Paris, ce devait être le « lieu de la décennie ». Un vrai rêve pour les promoteurs. Six immenses tours de bureaux, des hôtels, des logements, une piscine, une école… Le projet du nouveau quartier Bercy-Charenton verra le jour. Mais dans une toute autre configuration que celle votée en 2018 par les élus de Paris. Enfin, il y aura deux fois plus d’espaces verts que prévu et deux fois moins de bureaux que de logements, a indiqué jeudi 21 avril Emmanuel Grégoire, premier adjoint au maire, Anne Hidalgo. Le principal projet urbain de la capitale a été revu de A à Z.

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L’enjeu va au-delà de l’avenir de ces 80 hectares, situés dans le 12e arrondissement, coincés entre l’A4, monstrueux carrefour, voie ferrée et extension de 12 hectares, également en reconstruction complète, sur la commune de Charenton, de l’autre côté du ring. route. Le dossier doit servir de “démonstrateur” pour les prochains grands chantiers parisiens, a précisé Emmanuel Grégoire. Ce sera la première application des nouvelles règles d’urbanisme, qui doivent être gravées dans le marbre dans le plan local d’urbanisme « bioclimatique » jusqu’en 2024.

Lors du débat sur le projet initial, en 2018, les murs de la mairie ont tremblé. La droite et les écologistes ont contesté avec force le nouveau « compactage » de Paris et jugé anachronique de construire des tours jusqu’à 180 mètres. Le plan a été adopté avec seulement 5 voix… avant d’être rapidement remis en cause. Lors des négociations entre les deux tours des municipales de 2020, les écologistes ont posé la révision globale du projet comme l’une des conditions de leur unification devant Anne Hidalgo.

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Il n’y a pas de tour

Les brouillons découverts par Emmanuel Grégoire sont le résultat de cette refonte majeure. Les écologistes ont obtenu ce qu’ils voulaient : pas de tour, encore moins de construction, au moins 45 % d’espaces verts, des bureaux qui seront sans doute un jour transformés en logements… “On part sur de bonnes bases”, a déclaré Emmanuel Pierre. maire (EELV) le 12. Les alliés communistes, dont les habitations sont une priorité, sont moins contents : “Nous avons convenu de réduire sensiblement la surface habitable, mais nous ne continuerons pas”, prévient leur patron, Nicolas Bone-Ulaj. La droite reste sceptique. “Ça a l’air toujours super serré”, a déclaré Valérie Montandon, qui a été sélectionnée pour le 12e LR. Est-ce vraiment compatible avec le futur plan d’urbanisme ? Je doute. »

Il ne reste plus grand-chose du projet conçu par l’architecte britannique Richard Rodgers. Exit les six gratte-ciel qui devaient correspondre à la tour de 190 mètres qui devait être érigée du côté de Charenton. Les bâtiments résidentiels ne dépasseront pas 50 mètres et les bureaux seront limités à 35 mètres. L’idée d’un quartier sur dalle trop consommateur de carbone a été abandonnée. Les terrains découverts seront préservés dans la mesure du possible, ainsi que le patrimoine ferroviaire, notamment l’ancienne gare de marchandises de La Rapée. La société immobilière Sogaris prévoit d’y installer un hôtel logistique de 17 000 m2, directement relié au rail.

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