Il n’est que 9h30 du matin au bureau de vote de Brulon, commune de 1 521 habitants à l’ouest de la Sarthe, et la file d’attente des électeurs est toujours pleine. Mamie au top dimanche, jeunes en survêtements et steppes, couples de travailleurs… déjà 140 votants sur 1185 inscrits. Ici la participation a été supérieure à la moyenne nationale au premier tour, s’est félicité le maire Daniel Kudreuz, costume et chemise amidonnée, parfumée. Il a accueilli ses électeurs avec le sourire, même si le résultat du premier tour a été difficile à accepter pour ce philologue revendiqué : alors que François Fillon était en tête du premier tour en 2017 avec 46,70 % des suffrages, les électeurs de Brûlon ont préféré Marin Le Pen, qui l’a emporté. 32,25% des voix. Résultat à l’image des communes rurales de la Sarthe.
Ce département agricole, historiquement ancré à droite, a en effet enregistré l’une des plus fortes progressions nationales du vote Rassemblement national (RN) au premier tour entre 2017 et 2022. Même s’il a recueilli moins de voix qu’Emmanuel Macron (28, 24 %). , Marin Le Pen (27,68%), au coude à coude, mené dans 273 des 354 communes de la Sarthe. L’abstinence est inférieure à la moyenne nationale (25,64% dans la Sarthe contre 26,31% en France). “Le RN a toujours été là, mais il obtient des résultats en ce moment”, a déclaré Daniel Kudreuz. Ce vote dans sa ville explique encore moins qu’elle ait “tout ce qu’il faut”, selon lui. Il cite : « 1 200 emplois, une maison médicale avec sept médecins, une maison de service en France, des commerces, de nouvelles écoles, un centre de loisirs, nous sommes loin d’être abandonnés. « Silence de réflexion : « Les gens sont peut-être bien au niveau local, mais il y a une rupture avec les politiques nationales, un cri qu’il faut exprimer. »
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