France

La chanteuse et “reine de la nuit”, Régine est morte

La chanteuse française Régine a joué le 19 mars 1991 à la salle de concert Olympia à Paris. BERTRAN GUY / AFP

Régine, femme d’affaires, chanteuse et actrice, que Françoise Sagan surnommait “la reine noire de nos nuits blanches”, est décédée dimanche 1er mai, à l’âge de 92 ans, a indiqué à l’Agence France-Presse sa petite-fille Daphné Rotkaig. “Régine nous a quittés paisiblement le 1er mai à 11 heures du matin en région parisienne”, a déclaré Mme Rotkaig.

Son vrai nom est Régina Zylberberg, Régine, est née le 26 décembre 1929 à Anderlecht en Belgique de parents juifs polonais. Elle avait 3 ans lorsque son père, joueur assermenté, a perdu la boulangerie poker familiale. Toute la famille quitte alors la Belgique pour s’installer à Paris. Après la guerre, son père ouvre le café La Lumière de Belleville. C’est là qu’il a fait ses armes, servant les clients au comptoir. En 1952, elle tient le bar du moderne Le Whisky à Gogo, où elle pratique le juke-box pour jouer de la musique de danse. Françoise Sagan y installe son QG et décide d’y donner des interviews. En 1956, Regina se crée et ouvre sa propre boîte de nuit Chez Régine, rue du Four, au cœur de Saint-Germain-des-Prés. Le succès est immédiat.

Au début des années 1960, elle ouvre Le New Jimmy’s dans le quartier de Montparnasse et fait vibrer tout Paris en diffusant des tubes importés des États-Unis. De cette façon, il contribue au succès de nouvelles danses comme le twist ou le cha-cha-cha. Régine accueille ceux qui ne s’appellent pas encore people, mais stars, écrivains, comédiens et autres chouettes riches.

C’est ainsi qu’est née la “reine de la nuit”. Son empire comprendra vingt-trois clubs à travers le monde. En 1987, Régine raconte au Monde son amour pour ce moment particulier de la nuit, où les gens sont plus fragiles, plus ouverts aux émotions, à l’amitié. Le masque d’affaires n’est plus sur leurs visages. Ils n’ont plus à se battre pour protéger ce qu’ils vendent. (…) La fidélité aux lieux est importante. Mes discothèques pour moi, c’est un peu la maison où l’on revient après s’être fait pincer les fesses dans un endroit tordu, c’est le retour à la maison. »

“Ce n’est pas une chanteuse dans la salle de bain”

En 1992, elle reprend l’un des temples de la nuit parisienne, le Palace. Mais après plusieurs litiges pour consommation de drogue, le club mythique ferme ses portes en 1996. C’est en 2003 que Régine dit adieu au monde de la nuit, vendant tous ses restaurants, tout en restant propriétaire de sa marque.

“Je ne suis pas chanteuse dans la salle de bain, j’ai besoin d’éclairage, d’une scène, c’est tout ce que j’aime, je suis exhibitionniste. »

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