Theo Vargo via Getty ImagesRiz Ahmed, ici sur le tapis rouge du Met Gala, lundi 2 mai.
MODE – Il est l’un des rares invités qui, d’une part, a compris le code vestimentaire et, d’autre part, a compris sa complexité. Ce lundi 2 mai, l’humoriste et musicien britannique Reese Ahmed n’a peut-être pas brillé par l’abondance de son costume au Met Gala, mais par le message qu’il a véhiculé.
Cette dernière est arrivée sur le tapis rouge lors d’un dîner laïc offert par la papesse de la mode, Anna Wintour, à New York, parée d’une chemise à manches longues ouverte sur un justaucorps en soie blanche, rentrée dans un pantalon bleu marine. Une paire de bottes en cuir noir à ses pieds.
Sans cristaux, sans franges, sans nœuds papillons ni cravates blanches, comme le suggère le thème de cette édition gala 2022. Devant les caméras, le look sobre de la chanteuse tranche avec ceux d’autres célébrités. Cette vision, dit-il, n’est pas sans rappeler celle des travailleurs immigrés “qui ont soutenu l’âge d’or” et à qui il voulait “rendre hommage”.
Jeff Kravitz via Getty Images
Le thème de ce Met Gala s’intitulait “Glitter, White Tie”, en lien avec le Gilded Age, une période de l’histoire des Etats-Unis de 1870 à 1890, l’âge d’or américain.
L’expression que l’on doit à l’écrivain Mark Twain correspond à la période de prospérité qui a suivi la guerre civile, période durant laquelle le pays a connu une croissance économique et industrielle sans précédent. C’est le grand boom des chemins de fer, des investisseurs, des innovations techniques. C’est l’arrivée à grand bruit des gratte-ciel à New York… et de Vogue.
Sujet à double sens
Mais maintenant, la croissance des salaires n’est pas bonne pour tout le monde, elle s’accompagne d’une augmentation des inégalités de revenus. Selon les historiens George Brown Tyndall et David E. Shea dans leur livre America: A Narrative Story, les 2% des ménages les plus riches détiennent plus d’un tiers de la richesse du pays entre leurs mains. La majorité de la classe ouvrière était en dessous du seuil de pauvreté.
Le contexte a vu l’émergence de la corruption et de ce qu’on appelle les « barons voleurs ». Le terme est péjoratif, désignant des hommes accusés de capitalisme sauvage. Les mêmes hommes qui, par exemple, ont créé des monopoles pour augmenter les prix ou qui ont eu recours à l’exploitation d’une main-d’œuvre composée majoritairement d’immigrés pour s’enrichir.
La tenue de Reese Ahmed a été l’une des plus discutées lors de la cérémonie ce lundi. Ce dernier est admirable. Cependant, il déclare : “Je pense que je porte de moins en moins de vêtements pour provoquer le débat entre les gens et de plus en plus pour me sentir bien dans ma peau. C’est-à-dire que je le fais pour moi, a-t-il déclaré à GQ. Tu verras?”
À voir également dans Le HuffPost: Au Met Gala 2022, Blake Lively et sa robe volent la vedette
Add Comment