L’Union des agriculteurs (UPA) prévient les Québécois que l’odeur du fumier se fera davantage sentir cette année en raison de la guerre en Ukraine, qui a entraîné une forte hausse du prix des engrais.
• Lire aussi : Guerre en Ukraine : l’UPA craint un effet domino sur le prix de nombreux produits
“Nous n’avons pas d’autre choix que de nous tourner vers le fumier et d’en épandre davantage pour économiser sur les engrais. Alors, oui, ça sentira probablement mieux ce printemps, cet été et même cet automne », prévient Martin Caron, président de l’UPA.
Même si cela semble exagéré, c’est la guerre en Ukraine qui a entraîné une forte hausse des prix des engrais dans les champs. M. Karon a expliqué que la Russie était l’un des principaux fournisseurs mondiaux de ces produits.
Cependant, le 4 mars, le gouvernement russe a conseillé à ses producteurs de suspendre leurs exportations d’engrais. C’est la raison de la flambée des prix.
Le prix de l’engrais azoté, qui est le plus populaire chez les agriculteurs, était d’environ 630 $ la tonne au Québec en 2021. Mais cette année, selon l’UPA, il a doublé pour atteindre 1 500 $ la tonne.
« C’est une grande préoccupation pour nos agriculteurs du Québec, qui subissent les contrecoups de ce conflit. “Nous voyons que la guerre entre l’Ukraine et la Russie a des conséquences directes pour nous aussi”, a déclaré Martin Caron.
Dans ce contexte, le président de l’UPA affirme que pour éviter d’utiliser trop de fumier, ses agriculteurs se sont tournés vers le fumier pour optimiser la croissance de leurs cultures.
“Avant, on n’utilisait du fumier qu’à l’automne. Mais là, avec le gonflement de tous les prix et les conflits géopolitiques, les engrais sont trop chers. Il faut donc s’attendre à ce qu’il sente plus le fumier, car désormais on maximisera moins cette ressource [coûteuse] au printemps, en été et en automne », a déclaré M. Karen.
Le président de l’UPA rappelle que le fumier est déposé au champ pour nourrir les Québécois.
“Nous épandons du fumier dans les bonnes pratiques. Les gens soutiennent l’agriculture locale et ils savent que nous le faisons pour leur propre bien. Notre objectif est d’avoir le plus d’aliments québécois possible sur nos étagères dans les épiceries. Cela nécessite une collaboration harmonieuse avec les agriculteurs », a déclaré Martin Caron.
Ce dernier précise que ses membres ont l’intention de “travailler dur” pour minimiser les odeurs et qu’ils sont conscients des désagréments.
Photo gracieuseté de l’UPA
Martin Caron, président de l’UPA
M. Caron, l’agriculteur lui-même, invite les Québécois à fermer leurs fenêtres tout en épandant du fumier.
Il indique également que les industriels ont déjà prévu un système pour réduire les odeurs chez leurs voisins en installant, entre autres, des “brise-vent” à base de végétaux.
Add Comment