Océane Théard, édité par Solène Leroux à 19h21 le 6 mai 2022, modifié à 20h15 le 6 mai 2022
Des crimes de guerre ont bien été commis en Ukraine. Amnesty International affirme disposer de “preuves irréfutables”. Le rapport de l’ONG vient d’être publié, mettant en lumière les exactions commises par des soldats russes contre des civils. Comme ce couple de retraités dans un petit village au nord-ouest de Kiev. Des soldats russes entrent dans leur maison et les enferment au sous-sol. Plus tard, l’un des soldats a demandé une cigarette au vieil homme. Il ne l’a pas. Le soldat lui a tiré dans le bras. “Finissez-le,” répondit son collègue. Le soldat lui a tiré une balle dans la tête.
Des témoignages comme Amnesty en ont déjà recueilli 45. Europe 1 a également recueilli le témoignage de Vladislav, un habitant de Bucha. Il a témoigné il y a quelques semaines devant le micro de William Molinier, envoyé spécial pour l’Ukraine. “Il y avait un grand-père assis sur un banc dans sa cour. Il allumait un feu pour manger. Il n’y avait ni électricité ni eau”, expliquait-il à l’époque. “Un homme vêtu de noir vient de lui tirer dessus. Ils étaient en uniformes noirs. Certains ont dit qu’ils étaient des services spéciaux, d’autres ont dit qu’ils étaient des hommes de Kadyrov. Mais ils ont tous tiré sur tout ce qui bougeait, sans pitié.”
“violations du droit international”
Quelles méthodes les enquêteurs d’Amnesty International ont-ils utilisées pour rassembler ces “preuves irréfutables” ? Ils s’installent dans huit villes, particulièrement touchées par les attaques russes. Pendant douze jours, ils ont recueilli plus de 40 témoignages de proches des victimes, de leurs familles et de leurs voisins. Ils ont fait des recoupements, pris des photos de la scène du crime et analysé des fragments de munitions.
Un travail de documentation, d’enquête, indispensable pour faire la lumière sur ces dérives, explique Jean-Claude Samaouiler. “Tuer des civils non armés est une abomination. Ce sont des crimes de guerre, ce sont des violations du droit international », a déclaré le vice-président d’Amnesty International.
Les preuves ont été remises à la CPI
Cela signifie que c’est une guerre sans restrictions, c’est une guerre sans règles, c’est une guerre dans laquelle nous prenons la population civile en otage, mais seulement dans les villes assiégées, où les gens meurent de faim, sans eau, sans électricité, sans chauffage. , sans réseau téléphonique ni Internet.” Il n’y a aucun doute là-dessus : “Avec cette guerre de siège, nous prenons en otage la population civile.”
Ces précieuses preuves de crimes de guerre seront notamment remises à la Cour pénale internationale pour qu’elle puisse “juger les auteurs”, assure Jean-Claude Samaouiler, mais aussi ceux qui le permettent.
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