Premier secrétaire du PS Olivier Faure lors d’une réunion du Conseil national des socialistes au siège du parti à Ivry-sur-Seine (Val de Marne), le 5 mai 2022 STEFAN DE SACUTIN / AFP
Un moment d’histoire, en l’absence d’harmonie, au Parti socialiste (PS). Jeudi soir 5 mai, les membres du conseil national se sont réunis pour se prononcer sur le texte de La France insoumise (LFI) pour les législatives. Une certaine tension a persisté, mais le travail de persuasion a été fait dans les dernières 24 heures. Au fil des interventions, le soupçon a été dissipé avant d’être finalement levé à minuit après des décomptes répétés : l’accord a été adopté par 167 voix contre 101, avec 24 abstentions.
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Avec 62,31% des suffrages sur environ 300 députés du parlement du parti, Pierre Jouvet revendique une “très large majorité”. “C’est la première fois que la gauche se réunit depuis très longtemps”, a déclaré le premier secrétaire Olivier Faure. Nous ne sommes pas inconciliables, nous sommes même en train de démontrer que nous sommes conciliables. »
Opposants ou partisans de l’accord, personne ne semblait finalement mécontent de ce moment de clarification servi sur un plateau, à forte médiatisation, car le siège d’Ivry-sur-Seine (Val de Marne) n’avait jamais vu autant de journalistes. La direction avait choisi la transparence en diffusant les débats en direct, une manière, selon elle, de mettre les opposants face à leurs responsabilités.
Parmi les intervenants, même contre un accord jugé contre nature et humiliant, aucun n’a dévié de la “vieille maison”, a affirmé Leon Bloom, gardien de la SFIO lors de la fondation du Parti communiste en 1920, cité à plusieurs reprises dans la soirée. “Comme il y a cent ans, au congrès de Tours, il faut savoir qui garde la vieille maison”, a déclaré à son arrivée Ellen Joffroi, chef de file de l’opposition interne d’Olivier Faure, dénonçant le “parti brisé”. Olivier Faure a répondu : « Nous garderons l’ancienne maison, si vous voulez la garder avec nous, soyez les bienvenus. »
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“Il est temps de passer”
Accord électoral ou accord de gouvernement, diverses analyses ont été entendues. Pour le sénateur Laurent Rossignol, “dès qu’on accepte l’idée qu’il ne s’agit pas d’un accord de gouvernement, cet accord a des avantages : il nous ramène à gauche et ramène la gauche au pays”. Pour le reste, dit-elle, tout est resté ouvert. “La LFI n’est pas la force centrale à gauche, c’est juste la force dominante pour un moment, il est temps de passer. »
Surtout, l’intégration de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) dissipe le soupçon : « Nous sommes à nouveau communs alors que nous sommes perçus comme les créateurs du macronisme. Olivier Faure a été nombreux : “Ce soir, c’est un moment de clarification, ce vote dit à quel espace politique nous appartenons”, a-t-il conclu. Avec Macron ou Jean-Luc Melanchon, écologistes, communistes ? Nous disons que nous sommes dans un espace politique qui est à gauche et nous n’en bougerons pas. »
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