Ce vote est la dernière étape avant d’officialiser un accord général à gauche entre insoumis, écologistes, communistes et socialistes.
Le Parti socialiste ouvre une nouvelle page de son histoire. Ce jeudi 5 mais dans la soirée, le Conseil national du PS a approuvé à une large majorité l’assentiment général de la gauche, détenu par LFI pour les législatives. C’était la dernière validation avant l’officialisation de la Nouvelle Union Populaire, qui comprenait des rebelles, des écologistes, des communistes et maintenant des socialistes. Ce moment « significatif », selon Olivier Faure, le premier secrétaire du parti, doit aussi permettre de « clarifier » le PS. “Il y a un doute dans la sphère publique. Les Français ne savent plus qui est le socialiste. Le premier événement de cette clarification est ce soir de dire que nous sommes dans l’espace de la gauche et que je n’y bougerai pas ! Olivier Faure a en revanche appelé ceux qui ne sont plus là à rejoindre Emmanuel Macron. « Vous nous insultez ! » interrompirent vigoureusement ses adversaires dans la salle.
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Plus tôt dans la soirée, Pierre Jouvet, en charge de l’élection, a lancé un débat mathématiquement intenable. Sans l’assentiment et au vu du résultat d’Anne Hidalgo à l’élection présidentielle, selon les prévisions “seulement cinq candidats” les socialistes seraient assurés de se qualifier pour le second tour… Le sénateur Laurent Rossignol s’est également félicité de “l’accord électoral”, dont elle dit contrat d’état’. “Et on y trouve notre compte”, dit-elle. Le sénateur estime également que la LFI n’est “pas la force centrale” de la gauche, mais sera simplement la “force dominante” en ce moment. “C’est juste un instant. Il y aura toujours la gauche, la gauche démocratique et le progrès social », prédit-elle.
“C’est là qu’on trouve notre compte”
Un avis loin d’être partagé par Ellen Joffroi, rivale d’Olivier Faure au dernier Congrès socialiste. Ce dernier voit dans cet accord une “forme d’écrasement”. “Je ne veux pas que notre fondation se fasse en reniant une partie de notre histoire”, a-t-elle déploré, raillant le “parachutage des candidats rebelles dans les territoires socialistes depuis si longtemps”. “S’il est écrit, cet accord restera très durable dans l’esprit des Français et nous perdrons notre légitimité !”, a déclaré Patrick Menuchi, ancien député socialiste et conseiller d’Anne Hidalgo pendant la campagne. Le conseiller régional François Calfon a déclaré que les Insoumis ne partageaient pas les valeurs “universalistes”. “Et vous, je le sais, camarades, alors tout va exploser !”, prévient-il en se rassemblant.
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Le maire de Nancy, Mathieu Klein, a pour sa part voulu jouer les médiateurs : “Aucun syndicat, aucun accord ne nous fera renoncer à ce que nous sommes. “Nous ne deviendrons pas radicaux, car les communistes ne sont pas devenus sociaux-démocrates en rejoignant le PS”, a-t-il assuré. Il reste à voir comment la prochaine campagne commune se développera, car les candidatures dissidentes devraient fleurir dans les semaines à venir. Le sénateur socialiste Rashid Temal, par exemple, a déjà annoncé qu’il allait “appeler à voter contre” l’écologiste Aurélien Tasche, un ancien LREM qui doit pourtant recevoir l’investiture de l’Union populaire nouvelle.
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