France

Lionel Jospin en soutien à la candidate PS Lamia El Arahe face à Daniel Simonet de LFI

L’ancien premier ministre a soutenu le jeune socialiste de 35 ans face à Daniel Simonet, malgré la signature d’un accord sur un candidat unique entre les forces de gauche au sein du Nupes.

Électeurs désorientés, contestation avec Daniel Simon (LFI) : l’ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin est venu dimanche 8 mai sur le marché du 15e arrondissement de Paris, dans les quartiers populaires du 20e arrondissement pour soutenir Lamia El Aarae. » Candidat légitime” malgré l’accord entre le PS et LFI sur les élections législatives. Ironie du sort, c’est place de La Réunion que la désintégration s’est poursuivie, au lendemain du congrès de l’Union populaire nouvelle, où se célèbre l’union entre LFI, EELV, PS, PCF et Générations.

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Lamia El Aaraje, 35 ans, qui représente la jeune génération au PS, s’est contentée d’afficher son soutien face à Lionel Jospin, figure de la garde de gauche connue pour diriger le multiple gauche de Mathignon depuis 1997. En une heure de discussion, les deux socialistes se sont retrouvés nez à nez avec… Daniel Simonet, candidat LFI, retenu dans l’accord, constate l’AFP.

“Lionel, Lamia, il y a un accord”, a déclaré Daniel Simonet, essayant de garder le sourire, citant la “question historique”. “Chaque contestation joue un rôle dans le jeu d’Emmanuel Macron !” “Je serai chez Lamia”, a répondu Lionel Jospin. “Mais en dehors du syndicat, à quoi ça sert ?”, a demandé un proche de Jean-Luc Mélenchon, critiquant cette éventuelle “dissidence”. “Dans ce cas, ce ne sera pas un dissident, mais une candidature légitime”, s’est exclamé l’ancien homme fort de gauche avant de se retourner et tandis que les troupes de Daniel Simon scandaient “Union du peuple”.

« Candidature légitime du syndicat »

“J’ai voté pour vous en 2021, je suis de gauche et maintenant je voterai pour l’Union”, lui avait dit un électeur peu avant. “Je crois que je suis la candidate légitime du syndicat”, a répondu Lamia El Aaraj. Lamia El Aaraje a été élue députée en 2021 face à Daniel Simonet avant que le Conseil constitutionnel n’annule les élections de janvier, en raison du logo LREM, affiché à tort par un autre concurrent.

Lionel Jospin a dénoncé le “paradoxe” en conférence de presse. “Je suis favorable à l’assentiment de toute la gauche pour les élections législatives de juin prochain. Cependant, je soutiens un candidat qui n’était pas inclus dans l’accord. Cela s’explique simplement par le déni d’une injustice.” En effet, selon lui, “elle a été élue députée il y a moins d’un an”, “tout naturellement elle aurait dû être incluse dans l’accord, en faveur duquel elle s’est clairement prononcée”.

Lionel Jospin a écrit le 25 avril à Jean-Luc Mélenchon pour lui faire part de son soutien à l’accord, mais pour attirer son attention sur le cas de Lamia El Aaraje. “Quoi qu’elle décide, je serai à ses côtés jusqu’au bout”, a-t-il dit à l’AFP, “mais il y a une solution simple : qu’elle accepte”.

Le camp d’El Aaraje confirme qu’il y a des “contacts” avec la LFI pour rediscuter de ce dossier, les nominations n’ayant pas encore été annoncées officiellement. Le Conseil national du PS l’a voté à 91% jeudi. Dimanche, le premier secrétaire du Parlement, Olivier Faure, a regretté la « forme d’injustice » et assuré : « Je me bats » pour que Mme El Arahe « puisse être candidate ». Mais Manuel Bompard, chef des négociateurs rebelles, a déclaré samedi aux journalistes que “nous devons savoir comment arrêter l’accord”.