Veuillez quitter votre siège. C’est le message adressé à certains candidats de gauche aux élections législatives qui ne seront pas investis dans la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes). Malgré l’appel à l’unité, les voix se multiplient pour exiger le retrait de certains candidats. Franceinfo fait le point sur ces divergences, qui fragilisent la coalition de gauche, à un mois du premier tour de scrutin.
Daniel Simonet a été mis en examen par le PS dans le 15e arrondissement de Paris
La candidate de La France insoumise a rencontré des résistances après sa nomination par Nupes dans cette circonscription, qui comprend le 20e arrondissement de Paris. Elle est opposée par la socialiste Lamia El Arahe, qui se décrit comme la “candidate légitime” de la gauche dans le territoire détenu par l’AP de 2012 à la députation en 2021, juste contre Daniel Simonet, avant que le Conseil constitutionnel n’annule les élections de janvier en raison de une irrégularité constatée chez un concurrent.
Sur Twitter, Lamia El Aaraj a récemment salué l’investissement de Daniel Simonet, qualifiant l’accord électoral d'”inéquitable”. “Une résolution demandant une indemnisation a été adoptée à la quasi-unanimité”, a-t-elle ajouté. Dans sa quête d’investissements officiels, Lamia El Aaraj a été soutenue par plusieurs PDG et personnalités socialistes. “Je me bats pour (sa candidature)”, a déclaré Olivier Faure, le premier secrétaire de l’Assemblée parlementaire, invité dimanche matin sur RTL. Le candidat, écarté par le Nupes, a également reçu le soutien de l’ancien Premier ministre Lionel Jospin, à ses côtés dimanche lors de sa conférence de presse.
Communistes contre Taha Bouhafs dans le 14ème arrondissement du Rhône
À peine officialisée, la candidature du journaliste et militant de 22 ans a provoqué l’incompréhension du communiste Fabien Russell, qui tient à l’encontre du jeune candidat LFI son injure raciale de première instance (une affaire dans laquelle Taha Buhafs fait appel). Le candidat frustré à la présidentielle, lui-même investi par Nupes dans le Nord, a expliqué lundi 9 mai sur “Les 4 Vérités” de France 2 qu’il avait demandé à La France insoumise de “reconsidérer” sa candidature pour “créer les conditions d’une victoire” dans cette circonscription.
“Je comprends parfaitement la colère et la candidature de Michel Picard [maire PCF de Vénissieux] et on a dit à La France insoumise qu’il y avait un problème”, a-t-il dit notamment. Imperturbable, Michel Picard a annoncé qu’il se présenterait malgré tout et a depuis accepté son statut de candidat dissident. Ici, dans la 14e circonscription, il y a un saut en parachute douteux face à quelqu’un qui connaît très bien le territoire”, a-t-elle déclaré à France 3 Rhône-Alpes, après avoir dit avoir voté contre l’accord électoral entre le PCF et La France insoumise.
Fabien Russell face à un dissident « insoumis » dans le 20e Nord
Pour le candidat communiste, cette nouvelle campagne électorale se déroulera sans le soutien des « insoumis » de Valenciennes. Bien avant l’annonce officielle des candidats investis par les Nupes, des militants locaux de LFI avaient en effet prévenu qu’ils soutiendraient l’un des leurs, Eric Reno, dans le 20e arrondissement du Nord, rapportait Voix du Nord fin avril. Depuis, le conseiller départemental a officiellement lancé sa campagne, entouré de nombreux sympathisants LFI qui “n’ont pas absorbé le non-ralliement de Fabien Russell (à Jean-Luc Melenchon) avant le premier tour de l’élection présidentielle”, a expliqué l’un. Observateur.
Jérôme Lambert vivement critiqué dans la 3e circonscription de Charente
Le candidat socialiste quittant la circonscription est actuellement critiqué pour des propos hostiles à la procréation médicalement assistée (PMA) et pour s’être opposé à la loi sur le mariage homosexuel en 2013. Des idées contraires aux valeurs portées par le Nupes, selon les antennes régionales d’Europe. Ecologie-Les Verts et La France insoumise, qui ont demandé à leurs partis respectifs d’investir “avant le mardi 10 mai” un candidat dans cette circonscription le week-end du 7 mai, “en raison du pluralisme départemental”.
“Je ne suis pas homophobe, sinon j’aurais été exclu du Parti socialiste depuis longtemps”, a-t-il déclaré à France 3 Nouvelle-Aquitaine en réponse aux accusations de pétition en ligne et aux propos de l’écologiste Sandrine Rousseau sur Twitter. Malgré cette révolte grandissante, Jérôme Lambert, député de cette circonscription depuis 1997, n’envisage pas de céder la place à qui que ce soit d’autre. “Je serai candidat sous l’étiquette qui m’a été donnée dans le cadre des accords conclus par l’union de tous les partis de gauche”, a-t-il assuré, provoquant une “tempête dans un verre d’eau”. Jusqu’à présent, aucune des parties réunies par Nupes n’a parlé de ce conflit.
David Habib défie son propre parti dans la 3e circonscription des Pyrénées
C’est une candidature risquée, mais portée par les socialistes. David Habib n’a pas reçu d’investiture au sein du Nupes, son parti n’ayant pas réussi à conserver la circonscription dont il est député depuis 2002. Figure de l’aile droite du PS, il est également député. C’est pourquoi le président de l’Assemblée nationale entend faire campagne malgré tout et dit ne pas avoir peur d’être exclu de son parti, qu’il a qualifié de “déjà mort” dans un entretien à La République des Pyrénées. Sur son aile gauche, il doit logiquement affronter un candidat de La France insoumise, dont le nom n’a pas encore été dévoilé.
D’autres candidats peuvent être ajoutés à la liste des dissidents
La répartition des circonscriptions au sein du Nupes est loin de satisfaire tout le monde, notamment le PS. Dans l’Hérault, la présidente socialiste de la région Occitanie, Carol Delga, s’est opposée à l’accord, affichant son soutien à plusieurs candidats socialistes non investis par le Nupes. Tous seront confrontés à des candidats LFI, indique le journal du dimanche (article réservé aux abonnés), qui précise que de tels cas se produisent ou sont susceptibles de se produire en Dordogne, dans le Rhône, les Pays de la Loire ou encore l’Ardèche. Qu’ils soient investis par le Nupes ou non, qu’ils décident de se retirer ou de ne pas être d’accord, les candidats aux législatives ont encore jusqu’au vendredi 20 mai, à 18 heures, pour déposer leurs candidatures au premier tour.
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