François Fillon a été reconnu coupable par la cour d’appel de Paris de détournement de fonds publics, complicité et recel d’abus de biens sociaux.
Il avait condamné une “enquête criminelle”, et les procureurs y voyaient un “paquet d’indices” établissant sa culpabilité dans l’affaire dite des faux boulots. François Fillon a été condamné à quatre ans de prison, dont un an, par la cour d’appel de Paris, qui a rendu son jugement lundi. Le tribunal a ajouté à cette peine une amende de 375 000 euros et une peine de dix ans d’emprisonnement.
Cette peine est inférieure à celle prononcée en juin 2020 par le tribunal correctionnel de Paris, qui avait condamné l’ancien Premier ministre à cinq ans de prison dont deux fermes. Seuls certains des contrats pour lesquels l’ancien Premier ministre et son épouse Penelope ont comparu en novembre dernier pour “détournement de fonds publics”, “complicité et recel de biens sociaux” ont été reconnus comme frauduleux.
Penelope Fillon a été condamnée à deux ans avec sursis. A leurs côtés se trouvait Marco Julo, l’adjoint de François Fillon lors de son élection à l’Assemblée nationale. Il a été condamné à trois ans de mise à l’épreuve pour avoir engagé Penelope Fillon comme attachée parlementaire pour des tâches qualifiées par le parquet d'”évaporées”.
Travail “immatériel”
Cette affaire politico-judiciaire a débuté en janvier 2017, lorsque le Canard Enchaîné révélait que Penelope Fillon avait été engagée comme assistante de son mari puis son adjointe pendant trois périodes entre 1998 et 2013. Travail pour lequel elle a été rémunérée, pour la justice, 612 000 euros nets. . Si cette pratique n’est pas illégale, la vérité de l’utilisation de Penelope Fillon est condamnée.
Correction de la parole, gestion du courrier ? Autant de tâches “intangibles”, avait dénoncé l’avocat général lors de son réquisitoire en novembre dernier. “Retour” du terrain ? Activité “passée, pour ne pas dire évaporée”, a-t-il encore insisté, évoquant un travail “inutile” avec celui d’autres associés.
François Fillon, pour qui cette affaire marque la fin de sa carrière politique, prône une “relation de confiance et de proximité”. Selon le couple, Penelope Fillon a bien travaillé “sur le terrain” en Sarthe, ce qui est certes “intangible”, mais bien “réel”. Condamnant le dossier, qui a été “réduit” en “peau de deuil”, l’avocat de François Fillon, Me Antonin Lévy, a plaidé pour la libération, citant “41 attestations établissant de manière précise et détaillée la contribution de Mme Fillon”.
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