Le représentant hongrois Attila Steiner au Conseil spécial des ministres européens de l’énergie sur la crise russe du gaz et du pétrole à Bruxelles, le 2 mai 2022 JOHN THIS / AFP
Cela aurait paru beau, mais l’objectif n’a pas été atteint : les 27 n’ont pas réussi à se mettre d’accord avant lundi 9 mai, 72e journée européenne, sur un nouveau train de sanctions – la sixième – pour cibler la Russie. De longues négociations ont débuté ces derniers jours à la suite d’une proposition de la Commission faite le 4 mai visant à stopper les importations de pétrole brut russe au bout de six mois, ainsi que de produits raffinés, d’ici la fin de l’année.
Des dérogations d’un an étaient prévues pour la Hongrie et la Slovaquie enclavées et dépendent fortement des approvisionnements en provenance de Russie. Dans une deuxième phase, ils ont été étendus à la République tchèque puis prolongés jusqu’à fin 2024. Cela n’a pas suffi et au fur et à mesure des discussions, d’autres États membres (Bulgarie, Grèce, Chypre, Malte) ont exposé leurs propres difficultés.
Le dénouement du projet, redouté par la présidence française de l’Union, menacé, et un nouveau cycle de pourparlers entre ambassadeurs à Bruxelles a été suspendu dimanche, au grand dam de ceux qui espéraient lever le blocus, non pas techniquement mais politiquement.
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Le problème de la sécurité d’approvisionnement
Dans les éléments de langage diffusés après cette interminable discussion, on trouve la confirmation que le Conseil (des États) reste uni sur le principe des sanctions supplémentaires, que la solidarité reste de mise et que le résultat des travaux est proche. La sécurité d’approvisionnement pour tous, y compris ceux qui n’ont pas accès à la mer et dépendent du gazoduc russe, sera la seule préoccupation.
La réticence de Victor Orbán, le Premier ministre hongrois, va-t-elle vaincre le nouveau texte prêt ? Le 6 mai, il a déclaré que la proposition de la Commission “portait atteinte à l’unité de l’UE”, franchissait la “ligne rouge” ou ressemblait même à une “bombe atomique”. Les ambassadeurs à Bruxelles ont attribué ces propos enflammés à la rhétorique habituelle du dirigeant de Budapest et se sont appuyés sur l’attitude plus accommodante de ses représentants à Bruxelles. Espoir dimanche, avec la confirmation du veto du gouvernement hongrois et sa demande de libération totale – il disait cinq ans au début – jusqu’à ce que la Bulgarie, à son tour, demande une dérogation.
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Le scénario désastreux – une fracture au sein du bloc communautaire jusqu’ici uni contre Moscou – semble donc se dessiner, même si une discussion encore plus difficile sur les importations de gaz est imminente. “Il faudra finir lundi ou mardi, je crois que c’est possible”, a indiqué dimanche soir une source diplomatique. Pour l’avenir, on verra. “Montrer au public que nous agissons est essentiel alors que, le 24 février [date de l’invasion de l’Ukraine] “Nous avons offert à Poutine 50 milliards de dollars en important des combustibles fossiles”, a déclaré un autre diplomate.
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