Emmanuel Macron et l’ancien Premier ministre socialiste Jean-Marc Iro (à gauche) lors d’une cérémonie marquant l’abolition de l’esclavage à Paris, le 10 mai 2022. CHRISTIAN HARTMAN / AFP
Il n’est pas nécessaire de solliciter son admission. Pour savoir quel adversaire politique il redoute le plus, il suffit de regarder le but préféré d’Emmanuel Macron. Presque chaque saison, il frappe un nouvel adversaire pour gagner.
Avant le premier tour de l’élection présidentielle, c’était Valérie Pecres lorsqu’il s’agissait d’affaiblir la droite. Puis Marine Le Pen, notamment entre les deux tours, pour empêcher l’extrême droite de prendre le pouvoir. Après sa réélection le 24 avril, le chef de l’État et ses partisans ont reproché à Jean-Luc Mélenchon que le chef de La France insoumise (LFI) soit parvenu à prendre la tête d’un syndicat de gauche à l’approche du scrutin. Élections des 12 et 19 juin.
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Dans un discours visant à mobiliser ses troupes pour la bataille, Macron lui-même a donné le ton, mardi 10 mai, multipliant les attaques contre les candidats à la présidence. « Troisième tour ? Ça n’existe pas. “Il ne faut pas avoir peur de ceux qui voudraient faire rejouer aux législatives ce qui a été décidé à la présidentielle”, a-t-il lancé à propos des candidats de la majorité réunis au Doc d’Oberville en Seine-Saint-Denis. Citant les appels de M. Mélenchon à l’élection d’une majorité de députés de son camp à l’Assemblée nationale pour lui permettre de coexister avec le chef de l’Etat. M. Macron a poursuivi son accusation, condamnant “l’extrême gauche”, qui serait “unie dans une chose, la réduction”, “ne serait même pas d’accord avec le nucléaire”. Et “qui a préféré le communautarisme à l’universalisme”.
Un ton insultant qui reflète l’analyse des chefs de la majorité : à leurs yeux, M. Melanchon s’est en effet imposé comme un opposant majeur au président de la République. D’abord parce que l’alliance inédite entre “rebelles”, socialistes, écologistes et communistes – baptisée Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) – est considérée comme la force la plus susceptible de compliquer la tâche des candidats de la majorité. “Le duel de la République en marche [LRM]- Les Nupes domineront les élections législatives, confirme Bryce Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos. Dans la plupart des circonscriptions, ces deux forces s’affronteront car Les Républicains sont très faibles et le Rassemblement national souffrira à nouveau de son isolement. »
“La fin de l’Europe”
C’est pourquoi le camp présidentiel a commencé à travailler ses angles d’attaque sur la troisième personne à l’élection présidentielle et ses représentants. Avec comme devise : présenter cette union comme une conquête idéologique de la gauche radicale sur la gauche dans son ensemble. Mardi soir, Macron a évoqué “l’extrême gauche qui a remporté la lutte Gramscienne contre les forces politiques qui voulaient s’allier avec elle”. Avec un seul objectif pour le Président : capter l’électorat social-démocrate ou écologiste modéré peu à l’aise avec cette union sous l’égide de M. Mélenchon ; ou du moins le dissuader de voter pour Nupes.
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