France

Mettre Immigration Canada sous interdiction

Il y a des élections dans l’air. Ayant réussi à asseoir solidement les fondements de l’identité québécoise dès 2018, François Lego semble prêt à doubler la mise en vue des élections d’automne.

Cette semaine, nous avons vu le Parti Québécois se joindre au parti, réclamant la fermeture de la fameuse route de Roxham empruntée par de nombreux demandeurs d’asile. Cette proposition avait déjà été faite lors des élections de 2018 par le PQ, qui avait décidé de surfer sur le sentiment anti-immigré.

Lego a pris le ballon et a répété sa propre demande de fermer Roxam. Lego n’a pas l’intention de laisser PQ renaître de ses cendres et il jouera à nouveau la carte de l’immigration.

Ce n’est pas illégal

A noter que ces demandes d’asile à Roxam ne sont pas illégales. Ils sont protégés par le droit international. Tout au plus peut-on les qualifier d’irréguliers, car normalement, pour franchir les lignes, on se rend à un poste frontière, comme Lakol.

Cette réalité juridique ne change rien à son caractère politiquement explosif. Depuis la dernière élection, Lego a utilisé l’immigration comme une arme politique, “prendre moins”, son cri pour Donald Trump.

Comme le mur imaginaire de Trump, les explosions de Lego contre les immigrés sont des ordures.

En 2022, Québec devra accueillir 130 000 nouveaux arrivants. Il s’agira de 70 000 immigrants réguliers et de plus de 30 000 travailleurs étrangers temporaires. Ces derniers sont un élément clé pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs, dont l’hôtellerie et la restauration.

À cela s’ajoutent 30 000 autres demandeurs d’asile, principalement de Roxam Road.

Accord entre le Canada et les États-Unis

En raison d’un accord entre nos deux pays, les États-Unis sont considérés comme un tiers pays sûr. Par conséquent, si vous demandez l’asile à un poste frontière, vous serez renvoyé aux États-Unis.

D’où l’intérêt pour les demandeurs d’asile de se déplacer vers des endroits comme Roxham Road.

Le Québec n’est pas la seule province aux prises avec une telle situation, mais la concentration des cas dans l’est des États-Unis fait que le nombre de demandes ici est très élevé. Comme solution, le gouvernement fédéral et les Américains parlent d’une possible entente pour tout encadrer, mais c’est loin d’être fait.

En attendant, c’est une politique, comme d’habitude, avec une mauvaise teinte d’intolérance.

Crier pour la fermeture de Roxham Road est une bonne chose d’un point de vue politique, même si ce n’est pas juridiquement faisable et ne ferait que faire avancer la question la prochaine fois.

chaos total

En fait, il y a plus de 2 millions de dossiers d’immigration en attente et c’est le chaos total au Service de l’immigration du Canada. Soyons clairs, ce n’est pas la faute des fonctionnaires, c’est un cas flagrant d’incompétence et de négligence politique.

Il s’agit d’un dossier qui n’a jamais été une priorité et le rattraper exigera de la créativité, des ressources et une innovation audacieuse.

La première étape devrait être la Tutelle d’Immigration Canada. Ça encourage.