France

une attaque policière surprise dans une discothèque

“Cela ne prendra pas longtemps, je le promets, nous reviendrons bientôt à la musique”, a déclaré le DJ dans le micro.

En une vingtaine de minutes, les policiers ont établi leurs identités, vidé leurs poches et procédé à des perquisitions. Environ 80 clients présents au restaurant du centre-ville, se soumettent à la surprenante opération de contrôle, réalisée peu après une heure du matin, dans la nuit de vendredi à samedi.

“C’est bizarre de voir tout le club allumé, toutes les lumières, comme si on était au restaurant”, raconte Bastien, un client d’une cinquantaine d’années.

“Bonjour l’ambiance ! murmura le manager du T Dansant, Jérôme Bonefoy. “Ce n’est pas comme si nous n’avions pas eu deux années pourries”, plaisante-t-il, faisant allusion à la longue impasse de la crise sanitaire. Mais pour Dylan, une jeune blonde coiffée, “c’est normal à cause de tout ce qui arrive aux morsures”.

L’opération vise à “montrer que la police et le parquet sont sur les lieux et sont particulièrement vigilants” face à un phénomène mystérieux qui touche le monde de la nuit et des vacances en France depuis plusieurs mois, a indiqué le procureur de Roan Abdelkrim Green. , présent lors du contrôle de T Dansant.

L’inexplicable vague de piqûres a touché ces derniers mois les discothèques, bars et festivals de tout le pays, avec des plaintes déposées de Lille à Béziers et de Lorient à Grenoble, en passant par Lyon, Besançon ou Valence.

Au total, 250 personnes se sont tournées vers la police, affirmant avoir été mordues et “une seule a présenté une sérologie positive au GHB”, selon un bilan national reçu de source policière à Paris.

Les victimes provoquent une sensation de brûlure, parfois douloureuse, parfois accompagnée de nausées, de vertiges, de frissons voire de convulsions. D’autres disent n’avoir “rien senti”, comme cette lycéenne de 18 ans qui a porté plainte après avoir été mordue le 22 avril au T Dansant, où elle fêtait un anniversaire avec des amis.

hématome

“J’accompagnais une amie aux toilettes (…) quand un garçon m’a touché le cul”, a raconté à l’AFP la jeune fille, qui préfère garder l’anonymat. Lorsqu’elle est rentrée chez elle, elle a trouvé “un gros hématome avec un point rouge au centre de son cul droit”.

Elle s’est immédiatement rendue à l’hôpital, où on lui a prescrit un traitement préventif anti-VIH et anti-hépatique. Une enquête judiciaire a été ouverte pour “violences intentionnelles et usage intentionnel d’une substance nocive”, un crime passible de trois ans de prison. Et le lycéen a décidé de ne pas retourner en boîte de nuit : “J’ai supprimé le mot de ma tête, je ne pense pas que je reviendrai. Nous passons une bien meilleure soirée avec des amis que nous connaissons.

Dylan, il vient au T Dansant, même si on “y pense un peu au fond du subconscient”. Il y a une vingtaine de plaintes dans la Loire, et quatre des 30 discothèques du département sont concernées, selon les données de la préfecture et de l’Union des commerçants et des industries de l’industrie hôtelière (UMIH).

Les propriétaires de boîtes de nuit tentent de s’organiser, vérifient le contenu des sacs et des poches des clients ou intensifient la vidéosurveillance alors que les autorités se mobilisent pour réagir, s’inquiétant du risque de psychose. Ainsi, la préfecture de la Loire a organisé vendredi une réunion de coordination avec des représentants de la police, de la gendarmerie et du secteur de nuit.

Il est important pour le procureur de Roanne d’être “dans le domaine de la prévention, d’attirer l’attention des jeunes”, de leur faire savoir “qu’ils doivent être vigilants, qu’ils doivent être prudents, car malheureusement ce phénomène de morsures sauvages ne s’estompe pas.