Le locataire de Matignon s’apprête à partir avant le prochain déménagement. Suite au retour d’Emmanuel Macron, qui est en déplacement ce dimanche 15 mai 2022 à Abu Dhabi, Jean Castex doit présenter sa démission et celle de son gouvernement.
La nomination d’un nouveau Premier ministre, suivi du gouvernement, est attendue lundi, trois semaines après sa réélection.
Le site du gouvernement a même publié par erreur une page annonçant la démission du gouvernement Castex samedi matin avant de la retirer.
Lettre de démission “très classique”
En attendant, le premier ministre prépare ses cartons et la lettre de démission est prête : “Très simple, très classique”, confiée dimanche au Parisien Jean Castex, qui a affirmé qu’il partirait “sans remords ni regrets”.
“Vous pouvez me dire que je n’ai jamais été intrigué d’être ici, et encore moins utilisé mes fonctions pour ma future carrière. Donc je ne veux absolument rien, pas de poste ministériel », a-t-il assuré.
Jean Castex a été contraint d’annuler au dernier moment son dernier voyage au Vatican, remplacé par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin pour la canonisation du chercheur puis ermite Charles de Foucault.
Car les deux chefs de l’exécutif ne peuvent pas être hors du territoire en même temps. Pourtant, Emmanuel Macron s’est rendu aux Emirats arabes unis, partenaire stratégique, pour rendre hommage au président cheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyan, décédé vendredi. Il recevra le président du Conseil européen, Charles Michel, lundi midi.
“Ne scellez pas le message”
Quant au gouvernement Castex en 2020, le chef de l’Etat a laissé fleurir les spéculations : “Le feuilleton de l’héritage de Jean Castex n’est pas terminé”, s’impatiente le politologue Bruno Cautres (Cevipof), qui trouve ce retard “très surprenant”.
“C’est peut-être aussi une tactique du chef de l’Etat, histoire de préparer progressivement l’opinion publique à un nouveau casting”, a déclaré à franceinfo le directeur de recherche au CNRS.
Selon lui, “il y a une idée pour ne pas déprécier le message qui sera envoyé par le nouveau casting, car dans quelques semaines le nouveau gouvernement ou les nouveaux ministres ont le temps de prendre des décisions, de faire des déclarations qui ne sont pas forcément agréables”.
Le patron du Modem François Bayrou, allié d’Emmanuel Macron, a déclaré dimanche devant le grand jury RTL-LCI-Le Figaro : “Ce n’est pas inutile d’avoir un délai pour mettre de l’ordre et penser à une nouvelle équipe.
Affirmant ne pas connaître le nom du futur chef du gouvernement, il a soutenu l’idée qu’il s’agissait d’une femme, comme le laissaient entendre les proches d’Emmanuel Macron.
Edith Cresson, la seule à avoir été Premier ministre de mai 1991 à avril 1992, pendant le deuxième septennat de François Mitterrand, lui a souhaité “beaucoup de courage” dans un entretien au JDD.
Classe politique “macho”
“Le pays n’est pas macho : c’est sa classe politique. Ce sont les mêmes attaques qu’aujourd’hui. Ils m’ont fait des commentaires que je n’avais jamais faits, ils m’ont constamment critiqué, ils ont commenté ma tenue vestimentaire”, a déclaré l’ancien dirigeant socialiste.
Lire aussi : SOUTIEN. “La classe politique reste toujours misogyne”, a déclaré Edith Cresson, une ancienne Premier ministre.
Dans le sillage de la ministre du Travail Elizabeth Bourne, le nom sur lequel il revient d’insister est celui de Catherine Votren, ancienne ministre de la Cohésion sociale de Jacques Chirac, qui a soutenu Emmanuel Macron avant le premier tour.
“C’est incontestablement une femme de qualité”, mais “est-elle prête à renoncer à toutes les idées qu’elle défend depuis si longtemps”, en prenant “ce pas politique supplémentaire qui serait totalement contraire à ce qu’elle défendait ?” depuis des années ? “, Critique l’eurodéputée LR Nadine Morano pour Europe 1.
…
Add Comment