France

les burqas approuvées par le conseil municipal

La contestation n’a cessé de s’embraser ces derniers jours, mais le conseil municipal de Grenoble a tranché ce lundi 16 mai. Sous l’impulsion du maire écologiste Eric Piol, le changement controversé du règlement des piscines urbaines a été adopté afin de permettre l’autorisation de la burqa.

Avec seulement une petite majorité de 29 voix pour, 27 contre et 2 abstentions, ce changement a été adopté par le conseil municipal. Il faudrait 2h30 de débats parfois houleux pour arriver à ce vote.

Suite à ce vote, Laurent Vokiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a réagi en annonçant la suspension de toutes les subventions régionales à la mairie de Grenoble.

“En autorisant le port de la burqa dans les piscines municipales, Eric Piol prend acte avec force de sa rupture avec la laïcité et les valeurs de notre république”, a-t-il tweeté, ajoutant, “face à ce séparatisme et comme je l’ai promis, la région va immédiatement mettre fin à toutes les subventions pour la mairie de Grenoble.

En autorisant le port de la burqa dans les piscines municipales, Eric Piol tient à rompre avec la laïcité et les valeurs de notre république. Face à ce séparatisme et comme promis, la Région a immédiatement arrêté toutes les subventions à la Ville de Grenoble.

— Laurent Wauquiez (@laurentwauquiez) 16 mai 2022

D’un point de vue précis, il s’agissait d’une décision de modification du texte, exigeant une « tenue décente » et un « traitement équitable » de la part des consommateurs. Actuellement, les baigneurs doivent porter un maillot de bain couvrant “au moins la partie entre le haut des cuisses et la taille et au plus la partie au-dessus des genoux et des coudes”.

Par conséquent, ces restrictions peuvent être supprimées. Le maire d’EELV à Grenoble l’a expliqué en disant qu’il s’agissait de libérer le choix des femmes qui pourraient aussi avoir le droit de ne plus cacher leurs seins. “Notre volonté est de lever les interdits vestimentaires anormaux : il s’agit de seins nus couvrant des maillots de bain pour les protéger du soleil ou à cause d’une condamnation.”

C’est sur ce dernier point que le débat a éclaté. Comme plus qu’une raison pour les baigneurs de porter des monokinis ou les personnes qui veulent se protéger du soleil, les opposants à cette modification de la règle y ont d’abord vu une volonté politique de porter la burqa, un maillot de bain religieux qui permet aux femmes musulmanes de se baigner jusqu’à ce qu’il soit couvert des chevilles aux cheveux.

« Progrès social » contre « subordination à l’islamisme »

Eric Piol admet également que sa volonté s’inscrit dans sa conception de la laïcité : “dans la piscine, vous pouvez exprimer vos convictions politiques, philosophiques et religieuses comme vous le pouvez dans la rue”. Il l’a même comparé au « progrès social ».

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Vokies (LR), a rapidement réagi, accusant le maire de “se soumettre à l’islamisme”. Il s’agissait, selon lui, de “faire des pactes avec l’islam politique” pour “acheter des voix” en attendant les législatives à venir et Eric Piol est un ardent défenseur de l’alliance de gauche NUPES.

Le mécontentement fait aussi rage localement. De nombreux élus ont signé des appels à abandonner le vote. Selon eux, la modification du texte a été “imposée par des groupes minoritaires dont le seul but est de tester en permanence la sensibilité de nos institutions au fait religieux”. Un groupe de la majorité municipale a également indiqué qu’il s’opposerait au texte.

Dans un communiqué diffusé ce dimanche 15 mai, la préfecture de l’Iser, qui accuse le maire de “se plier aux revendications religieuses municipales”, a indiqué qu’il saisirait le tribunal administratif de Grenoble en cas d’adoption. de la laïcité en vue d’obtenir sa suspension, en plus du référé d’abrogation”

Association controversée du Burkina Faso

Une tribune signée par des médias militants comme Caroline de Haas ou Alice Coffin a été diffusée au camp des défenseurs. Ils ont notamment dénoncé la stigmatisation des femmes sur la base de leur “choix de tee-shirt”.

Cependant, il a été précisé que le texte avait été rédigé par l’Alliance Citoyenne, une association controversée pour les Burkinis. Ainsi, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a déclaré en 2021 qu’il faisait la promotion de “règles conformes à la charia”. Il a également souligné qu’après les attentats contre Charlie Hebdo en 2015, l’un de ses membres, Taus Hamuti, a déclaré : “N’oubliez jamais que Charlie est celui qui a peint le premier”.