France

l’Alliance Citoyenne, au début du débat burkinabé sous enquête

L’enquête porte sur “des faits d’enregistrement ou de stockage de données personnelles sensibles sans le consentement de la personne concernée”.

Le parquet de Grenoble a annoncé mardi avoir ouvert une enquête sur un signalement de la préfecture de l’Iser sur l’existence éventuelle de dossiers tenus par l’Alliance citoyenne au début du débat sur la burqa dans les bassins grenoblois.

L’enquête porte sur “des faits d’enregistrement ou de stockage de données personnelles sensibles sans le consentement de la personne concernée, un crime passible de 5 ans de prison et de 300.000 euros d’amende”, a déclaré Eric Veylant dans un communiqué diffusé sur Whatsapp. Groupement des Parquets de Grenoble.

Ethnicité, convictions politiques et religion

La préfecture de l’Iser avait annoncé peu avant avoir saisi la justice pour faire la lumière sur “une information parue récemment dans plusieurs médias”, selon laquelle l’association dénommée Alliance Citoyenne conserverait et conserverait encore un certain nombre de fichiers contenant des informations de un caractère nominal dont l’existence et la possession relèvent d’un régime juridique protégeant les libertés individuelles et sous le contrôle de la CNIL ».

Selon une étude de Parisien publiée le 10 mai, cette association militante collecterait des données au cours de ses activités, notamment sur l’ethnicité mais aussi les convictions politiques et religieuses.

Opérations de choc

Citizen Alliance s’est fait un nom en organisant plusieurs opérations de coup de poing dans les piscines grenobloises 2019 pour demander le port de la burqa. Cela a incité le conseil municipal à modifier lundi le règlement intérieur des piscines pour assouplir les restrictions vestimentaires. La nouvelle réglementation n’interdit que les shorts de bain. En effet, burqas, monokinis et maillots de bain contre les UV seront autorisés.

Pleinement contre la burqa, considérée comme un symbole du conservatisme religieux, l’opposition municipale a déposé mardi une plainte en référé auprès du tribunal administratif de Grenoble pour mettre fin au débat, qui a suscité une polémique nationale.

Le ministre de l’Intérieur démissionnaire du gouvernement démissionnaire de Jean Castex, Gérald Darmanin, a indiqué mardi avoir instruit le préfet d’évoquer la “laïcité reportée” de la discussion burkini et, le cas échéant, de demander le retrait”.