France

Olivier Veran devient ministre-délégué chargé des relations avec le Parlement

Olivier Veran, alors ministre de la Santé, à l’Elysée, le 4 mai 2022 BERTRAN GUY / AFP

Olivier Veran devient ministre délégué chargé des relations avec le parlement et de la vie démocratique dans le gouvernement formé par le président Emmanuel Macron et la première ministre Elizabeth Bourne, vendredi 20 mai. Il succède à Marc Feno, promu au ministère de l’Agriculture.

Le neurologue de 42 ans a été nommé ministre des Solidarités et de la Santé dans le gouvernement le 16 février 2020 pour remplacer prochainement Agnès Busen, puis a désigné candidat de La République en marche (LRM) à Paris après le crash de Benjamin Grivo. Dès son arrivée au ministère de la Santé et des Solidarités, M. Veran a dû gérer la crise sanitaire, le système de santé au bord de l’effondrement et le personnel hospitalier fragilisé.

Si le ministre de la Santé assure que les autorités ont pris des mesures complètes sur la crise assez tôt, la pression s’est accrue alors que les critiques de l’opposition se sont multipliées sur le manque de tests, de masques, de temps nécessaire pour limiter le pays ou encore le rythme des vaccinations.

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Pédagogue et bon communicant

Pendant les longs mois de détention, de libération et de ré-arrestation, Olivier Veran est devenu l’une des célébrités lors des conférences de presse quotidiennes sur l’évolution des victimes humaines de l’épidémie de Covid-19. Il a prôné une vaccination généralisée de la population et la création d’une carte de santé, qui s’est révélée efficace contre l’épidémie, qui a pourtant fait 147.648 morts. SARS-CoV-2 selon la santé publique française le 18 mai.

Pédagogue, malgré le flot de mitraillettes, Olivier Véran est connu comme un bon communicant. Trouvée « sérieuse » et « efficace » par Emmanuel Macron, elle assure rester accessible à des personnels et professionnels de santé sélectionnés. Sur le fond, Olivier Veran ne brise aucune doctrine par rapport à Agnès Busen. Sur la forme, en revanche, il importe de changer de style entre une personne issue de l’élite médicale et un jeune médecin hospitalier lancé en politique. “Buzin a refusé tout débat en direct à la télévision. Veran, il va au front. C’est un bon débat. Mais il se fâche facilement », a déclaré Christophe Prudhomme, syndicaliste (CGT), porte-parole de l’Association française des médecins urgentistes.

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C’est à l’ancienne ministre de la Recherche de François Hollande Geneviève Fioraso, originaire de Grenoble, fils d’enseignant et d’ingénieur, qu’il doit sa carrière politique. Le député de l’Isère lui a proposé de devenir son suppléant aux législatives de 2012 après avoir rencontré le jeune médecin, alors porte-parole de l’intersyndicale nationale des stagiaires hospitaliers, lors d’une visite dans son service de neurologie du CHU de Grenoble. Il accepte immédiatement. Après l’élection de François Hollande, Geneviève Fioraso entre au gouvernement et devient députée. Ce père de deux enfants se fait un nom en faisant pression pour un amendement largement médiatisé qui sera adopté pour interdire le mannequinat des personnes trop faibles.

Tendance socialiste DSK

Il est alors repéré par le conseiller politique d’Emmanuel Macron, Stefan Sejourne, qui l’invite à Bercy. Olivier Veran, qui cultive une sensibilité socialiste avec un penchant pour DSK, est séduit par la “volonté réformiste” du ministre de l’Economie François Hollande. A l’issue de ce meeting, le député socialiste a prêté allégeance par SMS : “Je veux être le premier des macronistes. Il sera aux avant-postes de la création d’En Marche !, en avril 2016.

Élu sous l’étiquette La République en marche dans la circonscription genevoise du Fioraso en 2017, qui lui passe le flambeau, il devient le rapporteur principal de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, un poste stratégique. Il a voté pour créer une taxe flexible sur les boissons gazeuses sucrées, a défendu l’expérimentation du cannabis thérapeutique et a adopté une disposition pour payer les urgences hospitalières lors de l’orientation des patients non urgents vers la médecine urbaine. Une expérience qui a agacé de nombreux médecins libéraux, mais ne l’a pas empêché d’être nommé ministre de la Santé.

En juillet 2020, le Ségur de la santé aboutit, après des semaines de discussions avec les syndicats, à l’annonce d’investissements majeurs dans le système de santé, mais qui ne satisfont pas toujours les professionnels épuisés par des années de coupes budgétaires.

Bryce Lemlé