La seule véritable surprise de ce nouveau gouvernement, la nomination de l’historien, est celle qui provoque le plus de réactions. A droite, les critiques fusent de toutes parts ; à gauche, son parcours et ses idées sont les bienvenus.
Les deux hommes se sont bien amusés, vendredi soir lors de la passation de pouvoir rue de Grenelle, ont manifesté leur proximité pour plaider la continuité, personne ne s’y trompe : l’arrivée du pape Ndiaye au ministère de l’Education nationale est une surprise comme un saut de ligne , défendu par Jean-Michel Blanker. C’est, à vrai dire, le seul changement remarquable, bien sûr, que la composition de cette nouvelle équipe gouvernementale présage bien, et c’est pourquoi cette nomination est la plus commentée depuis hier. La classe politique s’est empressée de réagir. Mais si la droite est unanime dans sa critique du nouveau ministre, autant les partisans du président sont à sa défense, la gauche est plus mal à l’aise.
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A l’origine, c’était un feu de critiques de l’historienne des minorités ethniques et de l’immigration, connue pour promouvoir la “recherche noire” en France, un champ d’étude sur les conditions de vie des Noirs dans les pays qui ont pratiqué la colonisation ou l’esclavage. Élus et politiciens de droite n’ont pas tardé à dénoncer ses positions jugées inquiétantes, malgré les hésitations sur l’étiquette à lui coller. “Militant raciste et anti-flic” pour Jordan Bardella, qui voit en lui une accélération de la “dislocation de la nation”, Pap Ndiaye est toujours un “intellectuel local, un wokiste obsédé par la race” aux yeux d’Eric Zemmour. Sur CNews, Gilbert Collard a interpellé un “idéologue communautariste” et rappelé que Pap Ndiaye avait assisté à un meeting réservé aux Noirs en 2016, et sur BFMTV ce matin, Marine Le Pen y a vu un choix “terrifiant”. Mais la droite nationale n’est pas seule dans sa croisade : les républicains ne sont pas abandonnés, condamnant »[d]sont des théories [qui] ils se cantonnent au wokisme » (Gilles Platre), un « adepte de l’islamolévisme » (Eric Siotti) ou encore un partisan du « sectarisme » (David Linard).
Les partisans et le parti d’Emmanuel Macron se lèvent pour défendre le nouveau ministre – qui a soutenu François Hollande en 2012. Tout le monde a salué la brillante carrière de l’académicien en tant que Premier ministre, qui a déclaré que l’unité d’histoire, qu’il a enseignée à Sciences Po Paris et à l’EHESS, “incarne l’excellence et l’égalité des chances”. “C’est quelqu’un qui croit aux valeurs de la république”, a ajouté Elizabeth Bourne dans une interview à 20 heures sur TF1 vendredi soir. Quant à la critique de l’historienne décoloniale, elle a été retirée : “On ne résumera pas le débat politique jusqu’à ces dérives”, a déclaré Natalie Luazo à France Info ce samedi matin, revenant sur des extrêmes qu’elle a dit abîmés en “invectives”. .
“Un bon intellectuel et un homme sérieux”
Cependant, les réactions des “extrémistes” sont suivies, mais pas similaires. A gauche, cette nomination embarrasse les épéistes zélés de la Nouvelle Union populaire, écologique et sociale (Nupes), qui, toujours prompts à assassiner la moindre action du président, ont cette fois salué sinon la nomination, du moins le profil du nouveau ministre de l’Éducation. C’est un “bon intellectuel et un homme sérieux, contrairement aux idées de Blanker, notamment vis-à-vis de la soi-disant ‘école islamique de gauche'”, a déclaré Alexis Corbier, qui a souligné le “cynisme” de sa nomination. Le nouveau ministre serait même “perdu dans le lot” pour le président du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Matild Panot. Jean-Luc Mélenchon a lui-même félicité en conférence de presse un “grand intellectuel” dont le choix était “audacieux”, et salué le départ de Jean-Michel Blanker et Frédérick Vidal, les “croisés de la gauche islamique”. L’écologiste Sandrine Rousseau a pour sa part salué la position décoloniale de Papa Ndiaye, soulignant également “un virage à 180 degrés après Blanker”.
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