D’Abel Mestre
Publié aujourd’hui à 06:30, mis à jour à 08:00
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Plus de 75% des intentions de vote se partagent entre la majorité présidentielle, le Nupes et l’extrême droite, selon la 11e vague d’Ipsos-Sopra Steria, en partenariat avec Le Monde.
Dépliant de soutien à la campagne par Elizabeth Bourne et son adjoint Freddie Sertin. Le premier ministre est candidat dans le Calvados aux législatives de juin. A Thury-Harcourt, le 22 mai 2022 SAMEER AL-DOUMY / AFP
Le rapport de force à l’issue du premier tour de l’élection présidentielle s’apprête à dessiner le profil de la prochaine Assemblée nationale. A trois semaines du premier tour des législatives, plus de 75% des intentions de vote se répartissaient entre la majorité présidentielle sous la bannière “Ensemble” (Renaissance, MoDem et Horizons : 28%, plus ou moins 1,1 point), le nouveau Peuple, Union écologique et sociale (Nupes) – réunissant La France insoumise (LFI), Europe Ecologie-Les Verts (EELV), le Parti socialiste (PS) et le Parti communiste français (PCF), 27%, la même marge d’erreur – et le Rassemblement National (RN, 21%, marge d’erreur de plus ou moins 1 point). Si l’on ajoute les voix que les candidats estampillés Reconquête !, le parti d’Eric Zemor (6%, plus ou moins 0,6 point) recueilleront, alors le bloc d’extrême droite représentera environ 27% des suffrages.
INFOGRAPHIE MONDIALE
On rappelle qu’au soir du premier tour de l’élection présidentielle, 27,8% des Français ont voté pour Emmanuel Macron, 23,1% pour Marine Le Pen et 21,9% pour Jean-Luc Melanchon. La pérennité de cette division politique est le principal enseignement de la onzième vague de notre enquête électorale, menée par Ipsos-Sopra Steria, en partenariat avec le Centre d’études politiques en sciences (Cevipof) et la Fondation Jean Jaurès pour Le Monde.
La force de notre panel est son amplitude puisque l’échantillon utilisé est de 11 247 personnes. Les intentions de vote sont calculées par les répondants qui sont “sûrs d’aller aux urnes après avoir déclaré leur intention de voter”, c’est-à-dire. 6285 personnes. Résultat : La marge d’erreur est très faible (entre 0,2 point et 1,1 point). Le scrutin s’est déroulé du 16 au 19 mai, suite à la conclusion de l’union électorale des partis à gauche du gouvernement et à la nomination d’Elizabeth Bourne au poste de Premier ministre, mais avant l’annonce du gouvernement.
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Tridel, laissant peu de place à la concurrence
Ce nouvel équilibre du pouvoir politique laisse peu de place à la concurrence. La première victime a été le parti Les Républicains (LR), uni aux centristes de l’Union des démocrates et indépendants (UDI). A l’instar du résultat désastreux de son candidat à la présidentielle, Valery Pecres (4,78% des suffrages), la droite à gouverner est dans un état de faiblesse sans précédent avec 9% d’intention de vote (marge d’erreur de plus ou moins 0,7 point) .
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Chacun des trois pôles issus de l’élection présidentielle semble drainer son espace politique. Ainsi, une majorité d’électeurs de gauche à l’élection présidentielle votera pour la candidature de Nupes aux élections législatives ; 86% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon voteront pour Nupes le 12 juin. L’ombre du tableau demeure : les socialistes et les communistes sont les moins convaincus de l’union bâtie autour des slogans “Melenchon Premier ministre” et “programme partagé”, où de nombreuses contradictions programmatiques subsistent, notamment sur l’Union européenne, la suppression progressive du nucléaire pouvoir ou même des problèmes sociaux tels que la violence policière.
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