France

Les allégations de viol de Damien Abad embarrassent la droite

Damien Abad, à la sortie du premier Conseil des ministres du gouvernement Bourne, à Paris, le 23 mai 2022. CYRIL BITTON POUR LE “MONDE”

Peut-être les a-t-il déjà quittés pour rejoindre le gouvernement en tant que ministre des Solidarités, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Damien Abad continue d’inquiéter la droite. Le député sortant de l’Ain, qui constitue une part importante de la majorité présidentielle au sein du parti Les Républicains (LR), fait l’objet d’accusations de viol par deux femmes, selon Mediapart. Des faits qui pourraient se produire en 2010 et 2011. Le site d’information rapporte, outre les propos des personnes concernées, qu’un signal a été adressé à la direction du parti par l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles. Au sein de LR, de nombreux élus, gênés, affirment être “tombés de leur chaise” en lisant Mediapart.

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Envoyé dans sa boîte aux lettres officielle par l’Assemblée nationale, le rapport a ainsi échappé au secrétaire général du parti, Aurélien Pradier. “Je ne consulte jamais cette boîte, où je reçois 2.000 mails par semaine s’ils voulaient m’attraper, ils avaient d’autres moyens de me contacter, et à chaque fois, j’ai agi”, a-t-il déclaré. Il affirme avoir tout découvert de l’affaire dans un article de presse. Bien sûr, des bruits de couloirs au comportement parfois déplacé de Damien Abad, montre Aurélien Pradier, en a entendu certains. Il faisait même face au coin du corridor de son collègue pour des propos impudents qu’il ferait à un adjoint parlementaire. Mais l’élu d’Ayn a nié, l’associé n’a pas répondu et l’affaire a pris fin. Viol ou comportement répréhensible par la justice, Aurélien Pradier estime n’en avoir jamais eu connaissance.

Plainte publique

Évoquée dans un article de Closer en 2017, la première plainte était pourtant publique, généralisée et largement commentée dans LR. À l’époque, le chef du parti, Christian Jacob, l’a également découvert. Puis Damien Abad et lui-même ont concouru pour la présidence du groupe LR à l’Assemblée nationale. “Je l’avais interrogé et il m’a dit qu’il n’y avait rien”, se souvient le député de Séné et Marne, qui a également précisé que M. Abad avait confirmé qu’il n’avait pas été entendu par la police lorsqu’il l’était. “Je n’avais aucun moyen de vérifier, mais rien”, raconte le patron de LR. Damien Abad se souvient également de cette conversation et affirme en avoir lui-même parlé à M. Jacob.

Plus généralement, de nombreux membres du parti affirment que l’affirmation selon laquelle “tout le monde savait” est “absolument fausse”. Plusieurs élus, notamment des femmes, ont déclaré que s’ils avaient connu ou observé des comportements inappropriés, “ils en auraient parlé entre eux”. Beaucoup pensent aussi que le handicap de Damien Abad, qui, comme le rappelle un élu, nécessitait un tiers pour de nombreuses tâches quotidiennes, l’empêchait de faire des gestes inappropriés.

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