Dans chaque massacre américain, le rituel est le même : la planète, terrifiée, se demande pourquoi les États-Unis sont incapables de réglementer les armes à feu.
Nous comprenons pourquoi. De loin, la culture américaine des armes est répugnante. D’ailleurs, beaucoup d’Américains le regrettent aussi, même si le système politique américain rend quasiment impossible l’introduction d’une législation à grande échelle qui limiterait significativement leur diffusion, ou du moins qui ne leur permettrait pas un accès facile.
Mais après que cela a été dit, peu a été dit.
armes
Car une partie de l’essentiel est ailleurs.
Comment expliquer, au cœur de la culture américaine, la circulation de ces pulsions douloureuses qui poussent certains individus à ne rien contempler, à idolâtrer le mal, s’imaginant qu’en imitant le diable, ils pourront devenir roi du monde ?
Qui attaque une école n’attaque pas un lieu comme un autre : il attaque un lieu qu’il faut protéger. Quiconque attaque des enfants attaque le visage même de l’innocence.
Quiconque attaque une école où il y a des enfants pour les tuer est conscient qu’il a commis la plus grande transgression. Il accomplit une action que l’on peut qualifier de diabolique.
Ensuite, nous nous poserons une question simple et complexe : qu’est-il arrivé à la société américaine pour diriger ces pulsions au cœur de la vie sociale ?
Comment le carnage est-il devenu un phénomène de société récurrent ?
Avec quelle malédiction les meurtriers en viennent-ils à vouloir s’imiter ?
Je dis cela en sachant que de telles questions semblent étranges dans notre monde, qui ne prend plus le mal au sérieux et qui tend à le réduire à la maladie mentale.
On comprend ce réflexe : le mal est un problème métaphysique mystérieux, un mystère à jamais incompréhensible au cœur de la nature humaine.
La maladie mentale est une maladie traitable que l’on peut soigner, dont on peut espérer guérir un jour dans l’avenir, grâce aux progrès de la psychiatrie.
Tout cela affecte notre idée de l’être humain.
Le monde moderne a voulu croire, à la suite de Jean-Jacques Rousseau, que l’homme est fondamentalement bon et que c’est la société qui le corrompt.
Il voulait croire qu’un jour nous trouverions une société suffisamment avancée qui transformerait le mal en un problème résiduel voué à l’extinction. Mais ce n’est pas la vérité sur la nature humaine.
Dans le cœur de l’homme, le bien et le mal s’entremêlent.
Diabolique
Et dans le cœur de certains hommes, le mal domine, enchante, hypnotise.
Le drame de la société américaine est qu’elle est tellement abîmée qu’elle permet à ces maniaques de semer la mort autour d’eux, de détruire un monde qu’ils crient et veulent réduire en cendres.
On l’a revu au Texas, ce qui nous a rappelé que la vie sur terre prend parfois le visage de l’enfer sur terre.
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