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Affaire Bissonnette : la décision de la Cour suprême saluée par les avocats

La décision de la Cour suprême dans l’affaire Alexandre Bisonet rétablit le principe de base du droit à la réhabilitation, affirment des avocats qui saluent la décision, rappelant que le tueur de la mosquée de Québec purge une peine à perpétuité à moins que la commission des libérations conditionnelles ne soit convaincue.

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Pour les experts consultés par Le Journal, la décision, prise vendredi à l’unanimité, rétablit l’équilibre entre possibilité de réhabilitation et protection de la société.

“S’il n’y avait pas de possibilité de libération un jour, de réhabilitation, à quoi bon aller en prison dans ce cas ? C’est la peine cruelle et inusitée que la Charte vise à éviter [canadienne des droits et libertés]”Richard Dubé me soutient en rappelant que la Commission des libérations conditionnelles a l’expertise pour analyser les dossiers après 25 ans.

“Ce sont des experts, il faut leur faire confiance.”

Exemples de système qui “fonctionnait” avant 2011

Pour preuve, insistent les experts conseillés par Le Journal, nombreux sont les exemples de part et d’autre qui prouvent qu’une éventuelle libération après 25 ans ne garantit ni un droit de sortie automatique ni une rechute une fois libéré.

« Souvenons-nous de Dennis Lorty. On a regardé le drame à la télé, on a vu que l’accusé n’était pas stable au moment du crime, tout le monde voulait qu’il passe sa vie en prison, mais il a été libéré par la Commission et il a prouvé qu’il était réhabilité », a cité Rénald Beaudry Je dis que la Commission a les outils pour bien gérer ces dossiers difficiles et complexes.

A l’inverse, des cas comme ceux de Gilles Pimpare, qui s’est vu refuser la libération à neuf reprises, ou de Paul Bernardo montrent que la machine n’a pas besoin de peines simultanées pour contrôler les délinquants, selon Me Jean-Claude Hébert.

“Il y a de bons exemples des deux côtés, cela montre que le système fonctionne”, a déclaré l’avocat, qui exerce depuis 50 ans.

« On revient aux bases qui ont fait leurs preuves et qui reflètent la société qu’est le Canada », dit Richard Dubé.

Photo : AFP

Alexandre Bisonnet

Ne minimisez pas la souffrance

La décision risque encore de provoquer des troubles chez les victimes de Bissonnette, comme de nombreux autres meurtriers condamnés depuis 2011 qui pourraient voir leur condamnation reconsidérée. C’est une déception pour Daniel Petty, qui était secrétaire parlementaire à la Justice lorsque les conservateurs ont adopté la loi en 2011.

“C’est plat, le message qui va être envoyé est triste pour ceux qui ont perdu un être cher”, qualifiant à contrecœur toute l’affaire de “grande victoire” pour le tueur de la mosquée.

Cependant, les experts consultés estiment que la Cour suprême n’a pas mis en cause la souffrance des victimes dans sa décision.

« Les juges n’ont pas minimisé l’impact des gestes, c’est bien souligné, mais ils pèsent le tout avec l’importance que le Canada, avec sa Charte, attache à la dignité humaine, même à l’accusé. […] Ça nous rappelle que le droit à la réhabilitation fait partie des valeurs canadiennes », a illustré Me Beaudry.

“Si les gens prennent le temps de lire le verdict, ils n’auront d’autre choix que de reconnaître que c’est une décision qui ne sort pas du néant qui se concrétise et surtout s’appuie sur le droit ailleurs dans le monde, dans des pays comme le nôtre, » ajoute Jean-Claude Eber.

Décision “bien expliquée”

Moi, Stefan Bodri, qui avait remis un rapport à la Cour suprême dans cette affaire, ai également salué la volonté du Chief Justice de rendre la décision “accessible” et qui “ne s’adresse pas qu’aux avocats”.

L’avocat de Dentons et professeur de droit à l’Université de Montréal confirme qu’il n’a jamais vu la décision positionnée aussi clairement par rapport à la population qu’elle dessert.

“Il y a de la franchise, il sait que la décision sera difficilement prise, car nous connaissons tous l’horreur du crime et nous vous disons que rajouter des peines n’est pas possible car cela contredit la Charte. Mais il a rappelé que le rôle du pouvoir judiciaire est de concilier le droit avec les valeurs fondamentales qui protègent les droits de l’homme. Et c’est dit avec des mots que tout le monde peut comprendre. C’est bien expliqué”, a déclaré l’avocat, saluant le revirement de la Cour suprême, conduite par le juge Richard Wagner.

“Cela s’inscrit dans une volonté claire et louable de démocratiser les procès de la plus haute juridiction du pays et de les rendre accessibles, le tout dans un dossier de la plus haute importance.

– En collaboration avec Nicolas Saillant

Qu’ont ils dit:

  • “C’est une décision très importante qui va au-delà d’Alexander Bisonet et de l’horreur de son crime. C’est une solution fondée sur des piliers au Canada qui protège tout le monde, même les pires criminels, contre les peines cruelles et inusitées. “Je suis Walid Hijazi.”
  • “Le cumul des périodes d’interdiction de territoire équivaut à une peine de mort en prison et cela est contraire aux valeurs fondamentales de notre système judiciaire. Cela nous rappelle que la Charte est un peu plus une loi que d’autres lois.” – Je suis Stefan Bolak, professeur de droit à l’Université de Montréal et conseiller juridique chez Dentons
  • “Un parlement peut-il essayer de jouer à nouveau dans le même film et augmenter l’éligibilité pendant plus de 25 ans?” La Cour suprême a laissé la porte ouverte, ne disant pas qu’il était de 25 ans ou moins, mais disant qu’il devrait y avoir un espoir de réhabilitation dans l’espérance de vie. Mais si je dois parier, je dirais que c’est la fin de l’affaire. » – Patrick Tylon, professeur de droit constitutionnel à l’Université Laval
  • “Les gens ne seront probablement pas d’accord et diront qu’il n’y a pas de justice, mais le rôle de la Cour suprême est d’examiner l’affaire dans une perspective large. Dans cette décision, nous n’avons pas seulement analysé l’événement de la mosquée. “Je suis Jean-Claude Eber.”
  • “Je comprends que les gens seront déçus. C’est toujours le cas : les familles des victimes trouvent que ce n’est jamais assez dur, et les familles des accusés trouvent que c’est toujours trop. C’est pourquoi nous avons des tribunaux équitables et impartiaux pour décider, comme nous l’avons vu. “Je suis Renald Baudry.”

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