France

Marine Le Pen n’envisage que l’Assemblée nationale

Marin Le Pen, lors d’une conférence de presse de soutien à Patrice Martin, candidat RN de la 6ème circonscription de Seine-Maritime, à Blangy-sur-Bresles, le 26 mai 2022 Cyril Beaton / DIVERGENCE POUR LE « MONDE »

Le 22 mai 2002, Marine Le Pen rencontre Jean-Luc Melanchon sur le plateau de Vive la politique, qu’elle accuse d’utiliser la langue de bois et de manquer d’honnêteté. “JE? JE ! Mais qui est-elle ? », crie le futur chef du parti de gauche. Même choc aujourd’hui, à distance, entre le député du Pas de Calais, triple candidat à la présidentielle, et le leader de l’Union populaire écologique et sociale nouvelle (Nupes). Le premier feint de s’effacer, le second cherche à s’imposer.

Jeudi 26 mai, dans un bar de Blangy-sur-Bresle (Seine-Maritime), Marin Le Pen a insisté sur le fait qu’il voulait “dire la vérité aux gens”. Elle a accusé le chef rebelle d’avoir proféré un “gros mensonge” sur ses chances d’obtenir la majorité à l’Assemblée. Et il explique sa propre démission de la direction du Rassemblement national (RN). “Je suis à la pointe de ce mouvement depuis dix ans”, a-t-elle déclaré au Monde. Et j’en ai été un membre éminent pendant près de vingt ans… non, vingt ans plus tard. »

Une page s’est tournée en pleine campagne législative, alors que Marine Le Pen atteignait 41,5% des voix à la présidentielle, un record. Cette évaluation, dit-elle, “permet de concevoir” et crée un “état d’esprit très différent” de 2017. Crédité de 21% d’intentions de vote Ipsos, le RN peut obtenir 20 à 45 sièges et former un groupe à l’Assemblée, pour la première fois depuis la vague des 35 députés frontistes en 1986.

Marin Le Pen, en déplacement pour la 20e édition du vide-grenier de Londinières (Seine-Maritime), le 26 mai 2022 Cyril Beaton / DIVERGENCE POUR LE « MONDE »

Des ambitions modestes

Reste que l’adversaire d’extrême droite d’Emmanuel Macron a des ambitions modestes. Le 10 mai, elle a surpris ses troupes à TF1 en avouant qu’elle avait perdu d’avance, au nom du “fait de la majorité” de la Ve République, qui donnerait immédiatement la victoire au parti présidentiel. Pour ne pas décevoir, il touche à peine l’objectif d’une quinzaine de députés. Au cours des journées, il a augmenté la taille à 60 sièges afin qu’il puisse prendre le Conseil constitutionnel. Puis « maximum », selon l’expression utilisée par RN.

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La championne dite de “proximité” voyage aussi un peu hors-pays dans les Hauts-de-France, la région où elle a obtenu son meilleur résultat (52,1%). Le clan Hénin-Beaumont, qui désigne l’adjoint de Bruno Bilde et le maire d’Hénin-Beaumont, Steeve Briois, tient le haut du pavé dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, qui l’a emporté en 2017 avec près de 60 % des suffrages. L’équipe tient la presse à distance, verrouille l’agenda. “Nous voulons qu’elle puisse parler aux gens sans caméras”, a déclaré Bilde. Mais Mme Le Pen apparaît trop peu à la télé au gré des quelque 560 candidats qui raflent la visite du Marine, un œil troublé par le compte à rebours… Quand Marin est moins, on se plaint qu’il est il n’est plus là. C’est l’atlas qui porte le monde sur son dos », soupire Jean-Philippe Tangi, candidat Soma.

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